Transat-TUI : pourquoi les salariés sont sous le choc

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« Dialogue social rompu », « salariés en larmes », la réunion d’information du 21 février sur le PDV a créé la (mauvaise) surprise. Qu’ils aient claqué la porte, comme la CGT et FO, ou pas comme la CFDT et l’Usapie, les syndicats sont en désaccord avec les conditions de départ proposées par la direction. Le rapport de force est relancé… jusqu’à la grève?

 

« C’est un plan comptable pour dégraisser » dénonce Lazare Razkallah, le secrétaire (CGT) du CCE de TUI/ Transat France. Mardi 21 février, la direction de TUI a présenté aux représentants du personnel le détail du projet One. Pour ce qui concerne le plan de départs volontaires (PDV),  la surprise fut de taille! « Au lieu de la base de départ de 250 postes évoqués jusque-là, on nous annonce 322 suppressions de postes! » s’insurgent plusieurs syndicalistes. Soit une différence de 24%, si l’on tient compte que 8 postes sont déjà vacants pour cause de démission.

 

Pour chaque département (marketing, groupes, CRM, finance,  informatique…), l’intitulé des postes concerné et le nombre de suppressions sont listés.  « Dans certains services, six postes sur quatorze sont supprimés », c’est-à-dire quasi  un poste sur deux plutôt qu’un sur quatre. Difficile dans ces conditions pour les représentants du personnel –et les salariés– de croire à l’éventuelle création de 94 postes  mentionnée (au conditionnel) par la direction.

 

Restructuration à Lyon

D’autant qu’un tiers de l’effectif à Lyon [chez Passion des Iles] serait touché soit par des suppressions de postes, soit par les « transferts inter-direction » – ce qui signifie un déménagement jusqu’à Levallois-Perret. Or, on le sait, tout le monde ne peut pas accepter de changer de région, même si le PDV prévoit un accompagnement du conjoint par le cabinet de reclassement. Car le salarié ayant accepté la mobilité interne peut se retrouver non confirmé à l’issue de la période dite d’adaptation.

 

Plus de « volontaires » chez Transat?

Le « plan de départ volontaire » concerne tous les salariés des deux entités, TUI et Transat France. Toutefois, les équipes devant être réunies à Levallois-Perret, outre le cas de Lyon, « le  déménagement risque d’inciter plus de volontaires au départ chez Transat » reconnaît Lazare Razkallah. Surtout que chez TUI, où on a enchaîné les PDV,  nombre de « volontaires » sont déjà partis les années précédentes. « C’est pourquoi il est aussi très important de penser aux conditions de ceux qui vont rester dans la nouvelle entreprise » souligne le secrétaire du CCE. La période de volontariat  est prévue sur le mois de juillet.

 

Des conditions de départ trop basses

Au vu des conditions de départ -une indemnité de 0,5 mois par année d’ancienneté limitée à deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 78.456 euros bruts-, aucun syndicat n’est prêt à accepter le PDV en l’état. Les syndicats Transat « demandent à l’ensemble des salariés de ne pas se porter volontaire pour soutenir les négociations qui vont débuter ».

 

Dans son PDV, la direction de TUI prévoit  une durée minimale de période de reclassement de 6 mois. « Ce n’est même pas à la hauteur du CSP (contrat de sécurisation professionnelle, pour les licenciements économiques dans les entreprises de moins de 1.000 salariés) qui s’applique sur 12 mois » s’indigne Lazare Razkallah. « Six mois ne suffisent pas pour trouver un emploi ou choisir une formation. »

 

L’élu de la CGT ne comprend pas qu’un groupe comme TUI qui a « enregistré 1,04 milliard d’euros de bénéfice sur son dernier exercice et acheté pour 60 millions d’euros Transat France » ne soit pas « aussi ambitieux et offensif sur le plan social » qu’annoncé pour la création du « leader du tourisme en France ».

 

Quel dialogue social ?

La CGT et FO ont quitté la réunion d’information. La première demande des excuses de la direction pour revenir à la table des négociations. Toutefois, le différend avec Philippe Béchon sera bientôt éteint, ce dernier quittant l’entreprise le 24 février. Cela empêchera-t-il la mise en place du Pic (point information conseil) destiné aux salariés?

 

« Le rôle économique du CCE est de faire des propositions alternatives pour obtenir des indemnités conséquentes » rappelle son secrétaire. Les syndicats de Transat ne disent pas autre chose. Y aura-t-il reprise rapide du dialogue social ou se dirige-t-on vers une grève? « Nous avons plusieurs moyens d’action » assure Lazare Razkallah qui souhaite mettre sur pied les groupes de travail dans les services concernés.

 

« Le plan de départ volontaire se basera sur l’accompagnement, le conseil, l’écoute et le dialogue afin que chaque collaborateur puisse choisir de participer pleinement au futur de TUI en France », indiquait Pascal de Izaguirre, PDG, dans un communiqué du 21 février. Un futur comptant 25% de salariés de moins.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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