TUI France: appel à la grève mardi 4 juillet

Les syndicats de TUI France organisent un débrayage au siège de Levallois-Perret. En cause, la délocalisation de la DSI à Asnières. La direction confirme le déménagement de 110 personnes.

 

 

« 110 personnes vont être déplacées à Asnières, et on nous parle de cohésion de groupe, de culture d’entreprise! » Pour Lazare Razkallah, secrétaire du CCE (comité central d’entreprise) de TUI France, le futur déménagement de la DSI (direction informatique) est un nouveau « coup dur du Projet One ».

 

A vol d’oiseau, Levallois et Asnières ne sont pas loin, mais en transport, « c’est plus compliqué ». Et puis il y a les salariés de Transat qui « habitent en majorité dans le Val-de-Marne ». « Ça fait passer les personnels de la ligne 3 du métro au RER.C. On a fait les calculs et le temps de trajet est rallongé de 30 à 50 minutes pour ceux qui habitent en banlieue sud » explique le représentant du personnel.

 

Les salariés de TUI France sont donc appelés à la grève de 11h30 à 13h30 mardi 4 juillet. « Un moment plus facile pour mobiliser les gens », explique Lazare Razkallah qui réclame que la direction fasse machine arrière. Une grève n’ayant pas de durée minimale ou maximale.

 

TUI France grève mardi 2 juillet
L’immeuble du 6-8 rue Sarah-Bernhardt, à Asnières, est « situé à 300 mètres du RER ».

Objectif tous à Asnières ?

Outre la « modification des conditions de travail » de ces 110 personnes –salariés et prestataires extérieurs- les représentants du personnel craignent une « délocalisation à terme de tous les services ». « Les nouveaux locaux sont en bord de Seine dans un espace de 14.000 m2 disponibles à 230€ le mètre carré, signale le secrétaire (CGT) du CCE. « C’est bien moins cher que Levallois où nous devions récupérer 2.000 m2 et être installés sur 8.000 m2, ce qui ne se fera pas. »

 

« Absolument pas, nous démentons catégoriquement un déménagement de tout le siège à Asnières », nous déclare-t-on à la direction de TUI France. « Nous avons plus de prestataires et salariés que prévu à la DSI avec les développements en cours (intégration sur Tussy…), et nous ne pouvons pas rompre comme ça les contrats de nos sous-locataires* à Levallois » nous précise-t-on.

 

Pour Stéphanie Dayan, représentante CFDT de Transat, ce manque de place et cette situation avec les sous-locations n’est « pas une surprise ». « Nous avions alerté la direction lors des discussions sur le déménagement de Transat d’Ivry. Et la direction de TUI France nous avait assuré à l’époque qu’on n’irait pas à Levallois… »

Vers une action « en référé » ?

Le déménagement de la DSI est prévu sur septembre-octobre 2017 rue Sarah-Bernhardt, à Asnières. « Nous réfléchissons à une action en référé auprès du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nanterre, indique Lazare Razkallah. Ce déménagement de la DSI ne correspond pas à l’accord de méthode que nous avons signé. »

 

Pour la CFDT, minoritaire, Stéphanie Dayan explique qu’elle suivra les syndicats majoritaires. « D’autant que nous n’avons toujours pas de badge de libre circulation ni de portail IRP, comme cela était prévu dans cet accord. »

 

Depuis le début des négociations sur le Projet One, direction et IRP (institutions représentatives du personnel) n’ont pas trouvé de points d’entente. Le 23 mai, c’était les salariés de Transat qui avaient débrayé sur les conditions « insuffisantes » du plan de départs volontaires (PDV).

 

Sur le « Projet One et ses conséquences sociales », les CE et le CCE ont remis un avis défavorable. TUI France ayant transmis un premier dossier « incomplet » à la Direccte, le délai a été repoussé en attendant les pièces complémentaires. La Direction régionale du Travail a jusqu’au 10 juillet pour donner son homologation, ou pas.

 

*Installé à Levallois en 2012, TUI France a sous-loué une partie de ses locaux à différentes sociétés (conseil aux entreprises, sécurité informatique).

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Vos réactions

  1. Sur ce sujet, je vous invite à lire la nouvelle « la boite à musique » de Sylvie Beaujet paru dans le recueil « folles journées » des Romanciers Nantais (édition Ptit Louis). En voici un extrait :
    « Avant la rentrée nous sommes conviés à une assemblée générale obligatoire. La boîte va changer de lieu. Inquiétude. Nous questionnons. Alors plus haut, plus dur, plus sournois, s’élève le mur à faire taire, langage insaisissable, ciment de l’évitement, muraille indifférente.
    — Quelles sont les conséquences du changement ?
    — C’est un déplacement positif.
    — C’est bien d’un déménagement qu’il s’agit ?
    — C’est une fusion.
    — Que pouvons-nous attendre de cette fusion ?
    — Une restructuration indispensable au développement de l’entreprise.
    — Est-ce que cela signifie une restriction de personnel ?
    — Nous envisageons une gestion optimisée des ressources humaines.
    — Alors il y a des craintes à avoir pour certains postes ?
    — Il va falloir se poser la question de l’opérationnalité.
    — Jusqu’où ira la restructuration ?
    — Il ne serait pas responsable de refuser une nécessaire adaptation.
    — Est-ce qu’il y aura des licenciements ?
    — Rien de la sorte, mais on ne peut s’interdire d’ouvrir des portes. »

    La nouvelle est à lire (gratuitement) dans son intégralité sur http://www.terristoires.info/ebooks/la-boite-a-musique-2221.html

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