TUI France : Les syndicats appellent à la grève vendredi 13 avril

Production

La CGT, FO et la CFDT ont lancé un appel à la grève vendredi 13 avril chez TUI France. Selon la direction, seule la CGT a officiellement prévenu la DRH du groupe. Au siège et en agences de voyages, les revendications portent sur les salaires et les conditions de travail. Après la fusion TUI-Transat, tous les salariés du tour-opérateur ont été réunis à Levallois-Perret fin janvier.

 

« Souffrance au travail », « Manque de reconnaissance de la direction », « Ras-le-bol », la fusion TUI-Transat connaît un nouvel épisode en ce mois d’avril 2018. Un appel à la grève générale est lancé chez TUI France. La CGT associée à FO et la CFDT ont appelé à débrayer vendredi 13 avril à partir de 10h45.

 

« Le siège de Levallois-Perret, comme les agences de voyages du réseau TUI Store sont concernés », indique Stéphanie Dayan, déléguée syndicale CFDT.  « Les salariés n’en peuvent plus! Ce sont eux qui nous ont sollicités pour faire grève » assure Lazare Razkallah, délégué syndical CGT et secrétaire du CE.

 

« Souffrance et colère »

Les revendications portent sur les salaires et les conditions de travail. « Les gens craquent, observe Stéphanie Dayan. Les services sont sous-staffés depuis le PDV, et les arrêts maladie s’enchaînent. » Pour le secrétaire du CE, « le problème vient de l’organisation cible -bancale- prévue dans le Projet One », lors de la fusion des équipes TUI et Transat.

 

Les effectifs calculés ne seraient pas suffisants.« La direction n’a pas assez pris la mesure de l’ampleur des difficultés pour sa mise en place. Dans de nombreux services, des postes ne sont pas pourvus, des mobilités internes sont bloquées. Il va falloir recruter! »

 

On se souvient que le PDV (plan de départs volontaires) qui a accompagné la fusion s’est achevé sur la suppression de 302 postes. « ça coince dans plusieurs services, explique Lazare Razkallah.  Et en agences de voyages, les conseillers en subissent le contrecoup. Il est parfois difficile d’obtenir un interlocuteur pour résoudre des difficultés et problèmes ou avoir une réponse à une question de client. » Les syndicats réclament donc « des embauches immédiates ».

 

Des NAO sous tension

Les négociations annuelles obligatoires, NAO, ont débuté à la mi-mars chez TUI France. Une nouvelle réunion est prévue vendredi 13 avril à 11h. D’où l’appel à la grève 15 minutes avant. « On ne donne pas de durée minimum, les salariés décident eux-mêmes combien de temps ils seront en grève, mais ils doivent se déclarer auprès de leur hiérarchie » explique le secrétaire du CE.

 

Salariés et syndicats demandent une augmentation de salaire pour tous. « Il n’y a pas eu d’augmentation générale depuis 6 ans« , souligne Stéphanie Dayan. « Quand on interpelle la direction sur le sujet dans le cadre des NAO, on nous répond que cela se fera pour les mobilités internes avec promotion » précise Lazare Razkallah.

 

TUI France a annoncé qu’il devrait atteindre* l’équilibre financier cette année. Ce que Friedrich Joussen, le patron de TUI Group a confirmé début mars à l’occasion de la publication des comptes 2016-2017. Le groupe numéro un mondial du tourisme a enregistré 18,5 milliards de chiffre d’affaires l’an dernier. TUI a confirmé une « perspective de croissance d’au moins 10% de l’Ebitda (bénéfice opérationnel) en 2018 », après une croissance de « 12% en 2016-2017 ». Au premier trimestre de son exercice 2018 (oct.-déc.), le groupe a annoncé une perte nette réduite de 34,9%, à 58,7 millions d’euros.

Contactée, la direction de TUI France n’a pas souhaité apporter d’autre commentaire que la notification par la CGT de l’appel à la grève.

*Depuis le rachat de Nouvelles Frontières en 2000, TUI France est déficitaire.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *