Faut-il taxer le kérosène ? Jean-François Rial répond sur RMC

Transport

Mardi matin sur RMC, la journaliste Apolline de Malherbe a reçu Jean-François Rial, président de Voyageurs du Monde. Il a expliqué pourquoi il était favorable à la taxation du kérosène alors que le sujet fait à nouveau débat.

 

Taxer le kérosène ? « Je suis pour, totalement pour… », a  lancé en préambule Jean-François Rial avec le franc parlé qu’on lui connait. Il précise : « Il ne faut d’ailleurs pas taxer que le kérosène, il faut également taxer l’ensemble des activités économiques qui génèrent du CO2 ». « Je sais qu’il y a des gens qui considèrent qu’il ne faut plus voyager en avion, ne plus manger de viande, ne plus allumer la télévision… » poursuit-il.

Son principe est simple : « Opposons toutes les activités économiques à leur utilité sociale. Ensuite, le temps que l’on trouve les solutions qui permettront de ne plus émettre de CO2, on compensera ».

Quant aux activités que l’on considère comme socialement inutiles ? « Eh bien qu’on les arrête ! ». Et « si l’on considère que prendre l’avion c’est inutile, que ça n’a pas d’utilité sociale, que ça ne créé pas d’emploi, que ça ne rapproche pas les peuples, eh bien qu’on arrête de prendre l’avion ! ». Mais « si on considère – comme moi – l’inverse, on compense ».

 

Comment ? « Il faut éviter de verser ces compensations dans les recettes fiscales générales de l’Etat », car ça ne servirait à rien. « L’argent doit être utilisé pour absorber du carbone en finançant la transition énergétique (recherche) ou en plantant des arbres… Il pourrait aussi financer des aides pour que les plus défavorisés d’entre nous puissent changer leur vieille chaudière au fioul ».

 

Quel coût ? « 10 euros, c’est le coût qu’il faudrait pour absorber une tonne de carbone. Une tonne c’est Paris-Tunis. Un vol Paris-NY, c’est 2,5 tonnes, soit 25 ou 30 euros. Et un Paris-Bordeaux c’est un tiers de tonne, soit 3 euros. En classe affaires, comme le siège prend plus de place qu’en éco, on multiplie par 5 ».

« Il y aura évidemment un impact sur le prix » ajoute t-il. « Mais cet impact sera marginal au vu des variations du prix d’un voyage qui sont liées à l’offre et la demande ».

Jean-François Rial le reconnait : L’impact sur le prix est « beaucoup moins grave que de ne pas régler le problème de la transition énergétique et du réchauffement climatique dont les répercussions seront autrement plus graves ».

 

Enfin, à ses opposants, il assène : « dire que l’application de cette taxe va pénaliser les compagnies françaises ne tient pas la route deux secondes. Elle devra être appliquée à tous les vols qui décollent ou atterrissent en France. Ce serait absurde de l’appliquer sur le kérosène acheté en France. Du coup, il n’y aurait pas de distorsion de concurrence ».

Il complète : « de toutes les économies qui dégagent du CO2, il y en a toujours deux qui sont pointées du doigt : manger de la viande et prendre l’avion. Je dis aux professionnels du tourisme qu’il vaut mieux aujourd’hui prendre notre destin en main plutôt que de le subir ».

Avant de conclure en rappelant que « l’absorption du CO2 n’est pas une solution. C’est transitoire, le temps que nous trouvions des solutions écologiques beaucoup plus performantes ».

Publié par Nicolas Barbéry

Rédacteur en chef - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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