Nouvelle compagnie : La tension monte entre Air France et les syndicats de navigants

Transport

Les syndicats d’hôtesses et stewards SNPNC et Unsa-PNC, comme le SNPL majoritaire chez les pilotes d’Air France, ont pris à parti la direction du groupe mardi 7 février, rejetant le fond et la forme des négociations menées sur la création d’une compagnie à coûts réduits.

Dans un communiqué, le Syndicat national des pilotes de ligne a déploré que la fin des négociations ait été fixée à mercredi, reprochant à la direction d’avoir présenté cela comme une décision partagée. « Ceci est totalement inexact et en incohérence totale avec le calendrier de la consultation en cours », écrit-il. Le SNPL (65% des voix) organise jusqu’au 13 février un référendum auprès des pilotes de la compagnie, leur demandant s’ils approuvent « l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courrier d’Air France dans une nouvelle structure ».

Le projet « Boost », présenté à l’automne dans le cadre du plan stratégique « Trust Together » d’Air France-KLM, prévoit la création d’une filiale reprenant les lignes d’Air France actuellement déficitaires. Elle serait lancée à l’automne sur moyen-courrier puis à l’été 2018 sur long-courrier.

Opposé à toute filialisation, le SNPL assure que « le projet n’est pas abouti » et réclame la poursuite des discussions. Sans cela, la direction « devra assumer seule la responsabilité en cas d’échec », prévient-il. Sollicitée, la direction d’Air France n’a pas fait de commentaire.

Le groupe a récemment accepté que les pilotes volant sur « Boost » aient le même contrat et la même rémunération que ceux d’Air France. Au départ, la direction misait sur le détachement de pilotes volontaires, travaillant aux conditions de la filiale. Cette décision a fait vivement réagir les syndicats d’hôtesses et stewards, qui ne sont pas associés aux négociations.

Alors que le détachement de pilotes volontaires « limitait le risque de développement de Boost et de contamination de l’activité d’Air France », l’instauration d’un « contrat unique » pour les pilotes « permettrait rapidement un transfert de l’activité PNC sans limite », s’alarment les organisations SNPNC et Unsa-PNC.

Pour alléger les coûts d’exploitation de Boost, le groupe aérien prévoit de recruter à l’externe des hôtesses et stewards (PNC), payés nettement moins cher qu’à Air France. « Les 40% d’économies recherchées avec des PNC Boost exploités seraient amplement réalisées avec l’embauche de jeunes PNC Air France dont le salaire d’entrée est 52% moins cher » que ceux des salariés « qui partiront cette année », assurent le SNPNC et l’Unsa-PNC. « Si nos dirigeants s’obstinent injustement à vouloir se passer de nous, nous ne pourrons éviter un conflit majeur », écrivent les deux syndicats, à l’origine d’une grève d’une semaine l’été dernier.

Publié par Mathieu Garcia

Journaliste - Rubrique Transport - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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