Pour Flight Reports, le nouveau Flying Blue sera en moyenne bien moins avantageux que l’actuel

Transport
Flying Blue programme

Air France a présenté lundi dernier les règles de son nouveau programme Flying Blue qui seront en vigueur à partir du 1er avril 2018. On connait le gros changement : les miles attribués seront calculés en fonction du prix du billet et non plus de la distance.

 

Pour Flight Reports, qui se présente comme une référence pour les récits et avis détaillés et illustrés de voyageurs en avion, « il est très difficile d’appréhender si ce passage en revenue based sera positif pour la majorité des porteurs d’une carte Flying Blue. »

Les preuves par l’exemple

Afin de l’évaluer en toute objectivité, le site prend l’exemple de crédit sur une ligne moyen-courrier (Paris CDG – Londres LHR) et sur une ligne long-courrier (Paris CDG – Los Angeles).

 Paris CDG – Londres (aller-retour)

En moyen-courrier, le crédit de miles sera drastiquement réduit dans quasiment tous les cas de figure : un membre Flying Blue Ivory qui créditait 300 miles pour son aller-retour au tarif promotionnel (G : 25€ HT) ne créditera plus que 100 miles soit -67%. Même avec un plein tarif Economy (Y : 550€ HT) et au plus haut niveau de fidélité, le crédit de miles avec le nouveau système sera inférieur avec une perte de 100 miles sur l’aller-retour soit -2%.

Les plus gros perdants seront ceux qui voyagent au tarif promotionnel en classe Business (O : 219€ HT) et sans statut, car la perte peut représenter jusqu’à -77%. A l’inverse, ceux qui s’en tirent positivement sont ceux qui s’acquittent d’un plein tarif Business (C : 703€ HT) et qui disposent d’un statut Gold ou Platinum : ils auront +1% et +7% de miles respectivement.

 Paris CDG – Los Angeles

« En long-courrier, le tableau affiche clairement un constat plus positif mais avec des contrastes importants.

 

Ceux qui s’acquittent d’un tarif Economy promotionnel (V : 414€ HT/YR) ou intermédiaire (K : 1483€ HT/YR) auront entre -30% et -41% de gain de miles et cela quel que soit leur statut.

 

En Premium Economy, le tarif promotionnel (A : 1518€ HT/YR) rapportera lui -46% de miles, mais le plein tarif (W : 3647€ HT/YR) rapportera entre +3% et +15% de plus en fonction du statut.

 

En Business, les amateurs du tarif de base (Z : 3276€ HT/YR) perdront -7% de miles s’ils n’ont pas de statut et verront leurs gains presque inchangés en ayant un statut. Les gros gagnants seront les très rares qui s’acquittent d’un plein tarif (C : 8081€ HT/YR) car ils cumuleront jusqu’à +108% de miles.

 

Etrangement, les clients La Première peuvent aussi être pénalisés avec le nouveau programme, sans statut et au tarif de base (F : 7747€ HT/YR), le voyage rapportera -7% de miles; à l’autre extrême, un membre Platinum et voyageant au plein tarif (P : 16846€ HT/YR) empochera lui +117% de miles.

 

L’analyse est implacable : en moyen-courrier, la quasi-totalité des voyageurs sera perdante. En long-courrier, seuls ceux qui s’acquittent de pleins tarifs pourront espérer créditer plus des miles ; pour les autres, la perte pourra atteindre jusqu’à 46% comme dans l’exemple choisi ».

Un barème plein de subtilités

Obtention du statut

« L’autre nouveauté du programme Flying Blue, c’est la refonte du principe pour l’acquisition du statut avec la fin des miles/vols statut qui laissent la place à des « points d’expérience » appelés « XP », selon le barème suivant.

 

A première vue, le barème peut sembler généreux, car il n’y a pas de distinction entre les classes tarifaires contrairement à l’ancien système, mais dans la pratique, ce nouveau barème est plein de subtilités.

 

Pour devenir Flying Blue Silver, il faudra dorénavant cumuler 100 XP contre 25000 miles statut ou 15 vols statut. Dans la pratique, 100 XP équivalent à 50 vols domestiques ou 20 vols européens, c’est-à-dire que vous aurez besoin d’effectuer jusqu’à 35 vols supplémentaires pour obtenir le statut Silver. Si vous voyagez en long-courrier, vous allez aussi devoir effectuer plus de vols si vous êtes en cabine Economy ou La Première ; si vous optez pour la Premium Economy ou la Business, le statut sera atteint avec des volumes similaires de vols.

 

Pour devenir Flying Blue Gold en étant déjà Flying Silver et donc obtenir l’accès aux salons, il faudra obtenir 180 XP contre 40000 miles statut ou 30 vols statut. 180 XP peuvent s’obtenir en effectuant 90 vols domestiques ou 36 vols européens ; là encore, l’obtention de ce statut sera bien plus difficile pour ceux qui ne font que du court et du moyen-courrier. En long-courrier, il faudra effectuer environ 1 vol supplémentaire en Premium Economy ou La Première et un nombre similaire de vols si vous voyagez en Economy ou Business.

 

Pour devenir Flying Blue Platinum en étant déjà Gold, le seuil est fixé à 300 XP contre 70000 miles statut ou 30 vols statut. Concrètement, cela représente 150 vols domestiques soit 90 vols nécessaires en plus ! En long-courrier l’obtention du statut nécessitera environ 1 vol supplémentaire en Premium Economy et même 2 vols supplémentaires en La Première. Ceux qui s’en sortent le mieux sont ceux voyageant en Economy et Business qui devront effectuer un nombre de vols très proche.

 

Avec son nouveau système d’acquisition du statut, Flying Blue a décidé de pénaliser fortement les voyageurs domestiques et dans une moindre mesure ceux voyageant sur les lignes moyen-courrier. Sans doute la solution trouvée pour désengorger les salons ! Pour les voyageurs long-courriers, le constat est moins négatif, mais aucun scénario ne rend l’acquisition du statut plus facile ; au mieux, le volume de vols à effectuer reste identique ».

Regarder dix ans en arrière

Échange des miles en billet prime

Le gain de miles n’a que peu d’importance en tant que tel : l’attractivité d’un programme de fidélité est liée à sa capacité à échanger ses miles et notamment en billets d’avion. Sur cette question, Flying Blue a décidé de repousser au premier trimestre de l’année prochaine son nouveau barème de dépense qui sera en application à partir du 1er juin 2018. Une particularité bienvenue a été annoncée : la possibilité de réserver en billet prime jusqu’au dernier siège disponible dans l’avion.

 

Nous ne connaissons donc pas le nouveau barème, mais nous ne pouvons pas nous empêcher de regarder 10 ans en arrière. Nous avons pris l’exemple de la route Paris CDG – Hong Kong (aller-retour).

 

Le constat est sans appel : si le gain de miles a en moyenne légèrement baissé au fil des années, les montants en miles demandés ont littéralement explosé à l’exception de la classe Economy.

 

Ainsi, en 2007, Flying Blue demandait 120 000 miles pour effectuer un aller-retour Paris – Hong Kong en Business, contre 200 000 miles aujourd’hui, soit une augmentation de +66%, lors de son introduction en 2009, Flying Blue demandait 100 000 miles en Premium Economy contre 160 000 miles aujourd’hui soit +60%.

 

Mais la punition la plus sévère est en cabine La Première : en 2007, il fallait 160 000 miles ; aujourd’hui, il en faut +400% soit 640 000 miles par personne. A titre de comparaison, British Airways en demande 229 750 miles et Lufthansa 210 000 miles (-50% sur le deuxième passager en étant Senator/HON).

Les vols intérieurs dans le viseur

Conclusion

Si vous voyagez uniquement en plein tarif et sur des vols long-courriers, le nouveau programme Flying Blue vous permettra de cumuler plus de miles, dans tous les autres cas, vous serez perdant, et ceux qui auront à payer le plus lourd tribut seront les voyageurs qui effectuent essentiellement des vols domestiques : ils vont très rapidement (re)devenir Ivory !

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