Après Thomas Cook, et si on changeait les délais de paiement en France entre agences et TO?

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On y voit un peu plus clair sur la façon dont l’APST envisage de régler les 45 millions d’euros d’impayés de Thomas Cook France et Jet tours. On l’a compris, l’Association professionnelle de solidarité du tourisme doit faire face à des montants qui mettent sa survie en jeu. Alors, la solution? En gros, il s’agit d’augmenter les cotisations de ses membres et de faire payer au consommateur son assurance risque sur les faillites. Sauf que du côté des TO, ils aimeraient bien aussi qu’on se penche sur leur propre survie…

 

Certes la solution d’autofinancement de l’APST peut se comprendre: 45 M€ ne se trouvent pas sous le pas d’un cheval. Surtout quand on n’en a plus qu’environ un tiers en banque sur le compte. Alors augmenter de 30% les cotisations de tout le monde, ça peut paraître indolore, équilibré et même justifié -après tout, il y a eu trois années de baisse! Oui mais.

 

Cotiser plus pour un débiteur?

Là où ça risque d’être difficile à admettre surtout pour les agences de voyages et les tour-opérateurs adhérents, c’est que ceux qui vont payer dès novembre pour renflouer les comptes de l’association laminés par la faillite de Thomas Cook, ont déjà leurs propres comptes… creusés par Thomas Cook. Et pour certains ça se compte en centaines de milliers d’euros… Alors remettre la main à la poche, « ça fait cher » confirme un patron de TO qui souhaite garder l’anonymat. Surtout si c’est pour aider un concurrent à se remettre en selle. Pour autant l’offre de reprise de Jet tours par son management n’ira peut-être pas à son terme

 

Qui va faire payer le client?

Pour « faire passer la pilule », et amorcer un changement dans le système de garantie français, il est prévu de décharger sur le client une partie du financement. 3€ par passager! Un forfait léger pour les beaux dossiers mais plus visible sur la semaine en Tunisie à 290€ ttc. Quand on sait que les clients n’hésitent pas à réclamer la moindre petite ristourne de 10€! Avec cette nouvelle « taxe », sur une famille de 4 personnes avec des ados, par exemple, on y est.

 

Sans parler de qui va annoncer la bonne nouvelle aux clients? L’agent de voyages en face à face, qui reversera ensuite à l’APST? Et comment procédera-t-il, en ajoutant des frais? Ou alors est-ce que le TO va l’absorber en le prélevant sur sa marge pour rester compétitif? « Cela risque de se terminer comme ça pour ne pas perdre des clients, ajoute un autre patron de TO. Sur les volumes, on se bat parfois à un ou deux euros près. »

 

Et si le TO choisi par le client n’est pas affilié APST, l’agent de voyages prend-il ou ne prend-il pas de frais? Pour la clarté des tarifs, c’est pas gagné ! De là à parler de distorsion de concurrence entre les TO… Il paraît que ça marche très bien le financement de l’APST locale par les clients chez nos voisins néerlandais (avec la SGR) et nos cousins québécois (le Ficav). Oui mais est-ce qu’eux aussi paient les TO un mois après le départ des clients?

 

Réduire les délais de paiement

Et si cette affaire Thomas Cook était enfin l’occasion de rééquilibrer la relation producteur-distributeur en France? Et notamment de réduire les risques pour tout le monde, tour-opérateurs, agences de voyages et APST, en réduisant aussi les délais de paiement ? Sans faire la révolution -on ne parle pas de payer le TO au départ du client comme dans d’autres pays européens.

 

Néanmoins pourquoi les agences ne pourraient-elles pas régler le TO une semaine ou quinze jours après le départ? En cas de défaillance en plein été comme avec Thomas Cook/  Jet tours, les TO ou les agents de voyages et l’APST auraient moins de frais à couvrir. A Top Resa, René-Marc Chikli, patron du Seto, a évoqué « un changement nécessaire », aussitôt rejeté par Laurent Abitbol, président de Selectour et de Marietton/ Havas. Et s’ils en reparlaient tranquillement, en repensant le fonctionnement des centrales de paiement…. Chiche?

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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