Australie : parmi les Aborigènes de la terre d’Arnhem avec Asia et François Giner

Destination
Par ses incroyables photos, Bruno Cabanis accompagne le récit de François Giner parmi les aborigènes d'Australie, "En Terre des Ombres".

François Giner a partagé pendant 24 ans la vie d’une communauté aborigène dans le Territoire du Nord australien. Avec Asia, au Bodeidei Camp, il a permis à des voyageurs français de vivre au plus près de la culture de ces premiers Australiens. Il tourne en France pour présenter le livre « En Terre des Ombres » réalisé avec le photographe Bruno Cabanis.

 

Une expérience immersive, c’est ainsi qu’on appellerait aujourd’hui le Bodeidei Camp. Un campement en Australie où près de 1.500 voyageurs en 24 ans ont passé quelques jours dans le bush avec des Aborigènes. A son origine, François Giner, un homme qui a rencontré une communauté, les Ngakalabon, dans le Territoire du Nord. Devenu ami de Georges « Balang » Jangawanga, un homme qui avait « vu un Blanc pour la première fois à 14 ans, en 1950 », François Giner noue une relation quasi fraternelle. Loin du site d’Ayers Rock (Uluru), en Terre d’Arnhem, région encore préservée dans les années 1980, il va découvrir une culture et des rites. Il sera notamment autorisé à participer à une cérémonie d’initiation.

Donner une vision des Aborigènes

Cette expérience rarissime dans « le dernier bastion aborigène », il la décrit dans un ouvrage, « En Terre des Ombres » qu’il publie avec le photographe Bruno Cabanis. Sous-titré « Aborigènes d’Australie », le livre témoigne d’un mode de vie « qui n’existe plus » à la fin des années 2000. Une vie en lien avec la nature que François Giner a partagée et qu’il veut transmettre. De façon « honnête et vivante», il décrit les symboles (couleurs, dessins, lignages…), les activités (chasse, pêche, musique…) de cette communauté en retraçant ce que l’arrivée des Blancs sur l’île-continent a changé. C’est « parce qu’il n’y a plus d’anciens » et qu’il a vu « tant de jeunes Aborigènes détruits par l’alcool » que François Giner raconte ce monde.

« Découvrir avec ses yeux »

C’est aussi pour partager cette expérience extraordinaire qu’en 1988 François Giner crée le Bodeidei Camp en Terre d’Arnhem. A 5 heures de route au nord-est de Katherine, il emmène dans son 4×4 des clients passer 3 jours et 2 nuits dans son campement de tentes situé à 12 km de l’outstation (village familial) de Weemol. Des Français, exclusivement, arrivés là au nombre de 12 maximum –certains en famille- par les tour-opérateurs Voyageurs du Monde et Asia. Jean-Paul Chantraine, président d’Asia à l’époque, s’est pris de passion pour le projet Bodeidei. Il est présent au côté du ministre des Affaires aborigènes lors de son inauguration. Il y viendra plusieurs fois et le fera découvrir à Philippe Demonchy, le président de Selectour, dans les années 1990.

 


Guillaume Linton (président d’Asia), François Giner et Bruno Cabanis, auteurs du livre « En Terre des Ombres », devant le portrait de Georges « Balang » Jangawanga, le « frère aborigène de François ». La photo est accrochée depuis toujours dans la grande salle de réunion d’Asia.

Pour le tour-opérateur qui a lancé sa production Australie dès 1988, plusieurs collaborateurs partent en repérage et passent par Bodeidei.  «Beaucoup de gens d’Asia sont venus », se souvient François. Durant 6 mois par an, de début mai à septembre-octobre, « pour éviter la saison des pluies », les voyageurs vivent à côté des Aborigènes qui leur montrent la nature lors de balades dans le bush. Quelques-un(e)s, échangent en anglais. François fait le pont entre eux et la famille de Georges pour en « faire des ambassadeurs ». «Vous découvrez avec vos yeux la vie des Aborigènes » annonçait-il à ses clients. Cette expérience qui a duré 24 ans est racontée dans son précédent livre, «En Terre aborigène », éd. Albin Michel.

 

Une porte ouverte

Après la mort de son ami Balang, en 2010, François Giner a « tourné la page » Australie en 2012. A 70 ans, il est parti vivre une nouvelle aventure aux Philippines. L’été dernier, il a « échangé via Facetime avec les petits-enfants de Georges ». Le lien avec la communauté aborigène Ngakalabon n’est pas rompu. Pour preuve, le livre « En Terre des Ombres » publié à compte d’auteur s’est déjà vendu aux deux tiers. Nombre d’acheteurs sont « des anciens voyageurs que je n’avais pas vus depuis plus de 20 ans » explique François Giner dont la tournée dans les agences Asia en France lui permet de renouer avec certains d’entre eux.

 

« Ce livre est une porte ouverte sur la culture aborigène, résume Guillaume Linton, président d’Asia. Il offre une grille de lecture pour comprendre les Aborigènes. » Une démarche dans laquelle l’Australie s’est aussi engagée. En 2000, les jeux Olympiques de Sydney offriront, en particulier avec l’athlète Cathy Freeman, une visibilité à la nation aborigène. En 2008, le pays par la voix de son Premier ministre, Kevin Rudd, a demandé pardon à ses premiers habitants. Aujourd’hui, l’office de tourisme australien fait la promotion de la culture aborigène et propose des activités en partenariat avec des associations aborigènes.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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