Tahiti et ses îles : « maintenir une croissance à deux chiffres »

Destination
Gina Bunton, directrice des opérations internationales de Tahiti Tourisme, supervise 14 bureaux pour 18 marchés.

Le nombre de touristes « progresse d’année en année » à Tahiti et ses îles. Les autorités touristiques tahitiennes se félicitent d’un fort retour des Français en 2018. A l’honneur depuis un an avec Gauguin et Brel, les Marquises font partie de la stratégie de diversification de Tahiti Tourisme.

 

« Le marché français reprend goût à la Polynésie, notre ambition est de poursuivre sur une croissance à deux chiffres » annonce Gina Bunton, directrice des opérations internationales de Tahiti Tourisme.

 

En 2018, la fréquentation française (y compris le marché affinitaire) a progressé de 17,2% sur les sept premiers mois, soit 26.151 touristes. Cela représente une part de marché de 21,7% contre 19,4% sur les 7 premiers mois de 2017. Les Etats-Unis restant le premier marché avec 43.327 touristes de janvier à juillet 2018.

 

Des Français qui restent longtemps

L’an dernier, Tahiti et ses îles a reçu 41.685 Français sur un total de 198.959 touristes. « Le cap des 200.000 touristes sur 12 mois a été atteint en février 2018 » se félicitent Gina Bunton et son équipe*. Avec une durée moyenne de séjour (stable) de 26 jours, les Français restent plus longtemps que les autres marchés (10,8 jours tous marchés confondus). Ils voyagent sur 4 à 5 îles et sont intéressés par la culture polynésienne et des activités terrestres et nautiques.

 

Une offre diversifiée

Comment expliquer cette forte progression ? « L’arrivée d’une nouvelle compagnie aérienne a redynamisé le marché » reconnaît Gina Bunton. Si French Bee a apporté une diversité de l’offre, la destination, elle-même, joue la diversification des expériences et des îles. Depuis 5 ans, les efforts de promotion portent (aussi) sur les Australes, les Marquises et les Gambier. (photo ci-dessous)

Pour les Marquises, la résonance sur le marché français est forte. Elle s’est amplifiée depuis un an autour de Paul Gauguin avec l’exposition du Grand Palais (octobre 2017-janvier 2018) et le film d’Edouard Deluc avec Vincent Cassel sorti sur les écrans en septembre 2017. Cette année, c’est autour de Jacques Brel.

Le chanteur dont on a commémoré les quarante ans de sa mort le 9 octobre continue de contribuer à la notoriété des Marquises (photo ci-dessus). Chaque reportage ou émission rappelant son bonheur de s’être installé à Hiva Oa sans compter les images de Brel pilotant son avion au-dessus de l’archipel des Marquises.

 

A l’international, la sortie en 2016 du dessin animé « Vaiana » par les studios Disney a incontestablement mis un coup de projecteur sur la culture polynésienne et Tahiti & ses îles. Quel impact sur le tourisme ? Difficile à dire mais le chiffre de 200 millions de personnes composant le public de Disney chaque année laisse entrevoir des perspectives à moyen terme.

 

Un nouvel événement, Parau Parau

Vis-à-vis des professionnels du tourisme, la destination a créé cette année Parau Parau (13 et 14 juin). Ce salon du tourisme local a pour but d’enrichir l’offre des agences de voyages et tour-opérateurs avec celles de nombreux prestataires d’activités, hébergeurs… Le famtrip qui suit achève de les convaincre.

« Il y a toujours du potentiel, explique la  directrice des marchés internationaux. Tahiti et ses îles vise à la fois de nouveaux TO qui se créent et les TO qui veulent diversifier leur production sans oublier les partenaires historiques. » Pour ces TO bien installés sur la destination (Austral Lagons/ Voyage de Légende, Exotismes, Beachcomber Tours, Faré Voyages…), trafic et chiffre d’affaires doivent continuer à croître à travers la qualité de l’offre, y compris sur la petite hôtellerie familiale.

 

Une expérience « plus authentique »

En termes d’expériences, Tahiti & ses îles veut se différencier par ce qui la caractérise, le Mana (force spirituelle) propre à  son peuple et sa culture. Les autorités touristiques mettent aussi en avant le tourisme durable, « une valeur à échanger qui passe par la sensibilisation à la protection de l’environnement auprès de la population locale et des visiteurs ».

 

La destination travaille sur une relation de proximité avec ses visiteurs. Elle promet « une expérience exclusive, plus authentique » pour une clientèle « senior, luxe ou sportive en recherche d’ émotions ».

* A comparer avec les 218.000 de 2007, juste avant la crise économique qui a porté un coup de frein sévère à la fréquentation, le nombre de touristes internationaux étant passé sous les 160.000 en 2010.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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