Géolocalisation : fini le GPS, place au géocodage

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What3words, une start-up britannique a développé un système de géolocalisation novateur qui permet de trouver un lieu grâce à une combinaison de trois mots compilés dans son propre lexique. 

 

L’histoire avait fait le tour des rubriques “faits divers” des journaux belges et français. En 2015, un car de touristes belges fait un détour de 1200 kilomètres en France après une erreur de GPS. Le chauffeur avait confondu La Plagne en Savoie avec La Plagne en Ariège… Alors qu’il approchait de l’Espagne, le bus a finalement rebroussé chemin déposant  les vacanciers dans les Alpes avec 24 heures de retard. Des imprécisions, problèmes d’homophonie ou d’ambiguïté autour des adresses postales sont répétitives partout à travers le monde. Sans compter les régions qui souffrent d’un adressage mauvais ou carrément absent. L’ONU estime d’ailleurs que 4 milliards de personnes ne disposent pas encore aujourd’hui de moyens fiables pour désigner leur domicile.

 

Une carte du monde divisée en 57 mille milliards de carrés

 

En 2013, Chris Sheldrick, fondateur de la start-up londonienne What3words, entrevoit les limites des coordonnées GPS. “Un soir à Rome, un camion qui a fini du mauvais côté de la ville à cause d’un 4 tapé à la place d’un 5. Le concert a finalement eu lieu, mais au prix d’un gros coup de stress”, raconte-t-il aux Echos. Et si les chiffres indispensables à l’adressage géographique était remplacés par des lettres ? L’idée de What3words était née.

Chris Sheldrick s’entoure alors d’un mathématicien et d’un linguiste pour faire surgir une carte du monde divisée en 57 mille milliards de carrés de 3 x 3 mètres. Chacun des carrés correspond à une adresse elle-même composée de trois mots. Ainsi, l’adresse du Louvre n’est plus seulement rue de Rivoli mais se trouve à l’emplacement “misant.habiter.jaloux”. Le Mont Saint Michel qui n’a pas d’adresse postale “complète” (avec nom de rue), se trouve au “lavons.chenil.également”. Une composition sémantique incongrue pour les locuteurs français mais qui peut s’avérer être tout aussi pratique et “repérante” pour les touristes étrangers. Ces trois termes pris au hasard dans le dictionnaire sont par ailleurs traduits en 26 langues, qui chacune d’elles comportent 26 000 termes différents. Les particuliers peuvent utiliser ce moteur de recherches depuis une application Android, iOS ou bien directement sur le site What3words.

 

De nouvelles opportunités en matière de tourisme

 

Si la société emploie aujourd’hui une centaine de personnes dans ses bureaux de Londres, de la Silicon Valley, en Afrique du sud et en Arabie Saoudite, elle fait aussi appelle à des processus automatisés (algorithme) pour vérifier si chacun des mots trouvés correspond à son cahier des charges (leur longueur, caractère distinctif, fréquence, facilité à être prononcés et à être épelés…). Au total, ce sont donc 930 000 mots qui sont regroupés dans le lexique What3words. Si la jeune pousse britannique s’est embêtée à cartographier ainsi les quatre recoins de la terre, c’est que les besoins en matière de géolocalisation étaient bien réels. En effet, certaines localités qui s’ouvrent depuis peu au tourisme, n’avaient jusqu’alors que très peu de moyens de guider géographiquement leurs visiteurs. Les vastes étendues de Mongolie sont par exemple difficiles à trouver et les adresses sont rares, sinon complexes car écrites dans la langue maternelle du pays. Ainsi, Lonely Planet s’est associé à What3words pour lister tous les établissements mongols de what3words dans son guide. Lorsque l’adresse est manquante ou se rapporte à un point de repère seulement connu des locaux, l’application donne une localisation précise grâce à la combinaison des trois mots.

A l’heure où la mobilité ne fait que s’accélérer, le marché de la géolocalisation gagne en puissance, son industrie étant d’ailleurs estimée à 150 milliards de dollars par an. Dans ce secteur, What3words semble avoir toute sa place et récolte à foison les critiques positives (Grand prix d’innovation au Festival international de la créativité de Cannes, Meilleure startup mobile britannique de KPMG…).

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