Une start-up parvient à « cultiver » de la viande dans l’espace

i-tourisme

Après le tourisme, l’agriculture pourrait bien aussi être spatiale. Une start-up israëlienne a en effet envoyé des cellules animales afin de les développer dans un laboratoire extra-terrestre pour en faire de la viande. 

 

Bientôt, vous pourrez affirmer que le délicieux carpaccio de bœuf qui se trouve dans votre assiette n’est pas « made in France » mais « made in space ». Certes, il est aujourd’hui recommandé de consommer local mais l’expérience est suffisamment inédite et insolite pour qu’elle aiguise les appétits carnivores. L’idée vient de la start-up alimentaire israélienne Aleph Farms qui a annoncé le 7 octobre avoir développé avec succès des cellules bovines dans la Station spatiale internationale, à quelque 400 kilomètres au-dessus de la Terre.

 

Si l’absence de bovins dans l’espace semble évidente, une question reste en suspens : comment obtenir le moindre bout de viande hors de la terre ? La société affirme que sa méthode de production imite le processus naturel de régénération des tissus musculaires produits dans le corps de la vache. Ces cellules ont bien été récoltées sur le planché des vaches et ont été cultivées dans l’espace puis assemblées dans des conditions de microgravité grâce à une imprimante 3D. Cette expérience a plusieurs intérêts. Outre le fait qu’elle ne participe pas à la mise à mort de l’animal pour nourrir la chaîne alimentaire, l’expérience vise à concevoir de la nourriture du futur pour les astronautes.

 

Des alternatives à l’élevage intensif

 

De plus, elle pourrait résoudre la question de l’utilisation des ressources posée par l’élevage intensif. Or, « dans l’espace, nous n’avons pas 10 000 ou 15 000 litres d’eau disponibles pour produire un kilo de bœuf », a déclaré Didier Toubia, cofondateur et PDG d’Aleph Farms dans un communiqué de presse. Aussi, il est nécessaire de trouver des solutions alternatives de production, moins gourmandes en ressources, lorsque l’on sait que la consommation mondiale de viande de ruminant (viande de bœuf, d’agneau et de chèvre) devrait augmenter de 88% entre 2010 et 2050. Cependant, d’après une autre étude menée par des chercheurs de l’université d’Oxford en 2019, la viande de synthèse pourrait être plus néfaste sur le long terme que l’élevage conventionnel à cause de l’énergie nécessaire à la production en incubateurs.

En matière de recherche sur les cellules et sur la viande cultivée en laboratoire, Israël est un pays à l’avant-garde. Dans un article du New York Times, le biologiste Didier Toubia explique que la start-up Aleph Farms « a ainsi pu tirer parti du savoir-faire des nombreuses universités de qualité qui sont basées ici« .

 

 

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos par E-mail.
Réagir à l'article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *