Cession de Karavel/ Fram: pourquoi on peut continuer à vendre des Framissima

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framissima hammamet tunisie
Le Framissima Hammamet Club, en Tunisie, est un des sept nouveaux clubs de Fram cet été.

L’annonce de la cession du pôle tourisme de LBO France et du mandat donné à la banque Rothschild a suscité de la stupeur, de l’inquiétude et des ricanements. Pour des observateurs extérieurs. Mais quand on interroge les agences de voyages, c’est surtout de l’indifférence…

 

« Le plus dur, c’était en 2015, avec le rachat » témoigne une agence Fram. « Alors, maintenant on est beaucoup plus sereins. » La cession à venir de Karavel (Promovacances)/ Fram par LBO France , le fonds d’investissement actionnaire de référence du groupe, ne semble pas –ou plus– émouvoir en agences. « On a appris à prendre du recul sur les annonces capitalistiques » indique de son côté une agence membre de Selectour.

 

« On verra qui reprend et dans quelles conditions » dit une troisième, indépendante et un brin fataliste. Toutes sont d’accord: « Depuis le rachat par LBO/ Karavel, les ventes Fram ont repris et les clients sont contents! »

 

Les transactions ont commencé

Alors, business as usual? « Oui, on ne va rien changer », assure une vendeuse qui vend « régulièrement » des Framissima à sa clientèle francilienne. « S’il y a déjà un acquéreur, c’est bon signe » commente cette autre conseillère. « La transaction devrait être bouclée dans deux à six mois » a avancé Folco Aloisi, cofondateur du groupe Karavel, dans l’Echo Touristique.

 

« Les sociétés touristiques Promovac Karavel Fram, celles qui comptent pour les fournisseurs, les salariés, sont rentables! » affirme Jean-François Rial, le président de Voyageurs du Monde. Ce dernier qui, en commentaire chez Tourmag, indique « avoir eu accès aux chiffres » du groupe précise que « Karavel gagne environ 10 millions d’euros par an et Fram en perd 5 de son côté (…) un exploit* (…) ».

 

Des chiffres que l’ancien professionnel de la finance (Jean-François Rial a débuté comme arbitragiste) livre pour justifier son analyse : « le groupe reste très rentable« . En pédagogue, il précise la distinction entre les sociétés d’exploitation « rentables » que sont Karavel-Promovacances-Fram et « la holding financière de contrôle » qui « souhaite changer d’actionnaire ».

 

Un cinquième changement d’actionnaire

Chez Karavel, « on n’est pas inquiet ». Depuis les débuts, en 2001, l’entreprise est passée dans les mains de plusieurs actionnaires. Si Alain de Mendonça et Folco Aloisi l’ont lancée, ils se sont appuyés au fil des ans sur plusieurs partenaires investisseurs. La Société Générale  aux débuts, puis Amadeus-Opodo en 2005, Barclays Private Equity en 2007 et LBO France depuis 2011.

 

« Sept ans pour un fonds d’investissement, c’est déjà beaucoup » note un observateur. Karavel est de fait un des quatre plus anciens investissements du portefeuille actuel de LBO France. Le rachat de Fram, en 2015, a pu constituer un prolongement de l’aventure commune entre le fonds et le groupe touristique. Avec pour date butoir l’année 2018, le business plan pour Fram prévoyant d’ailleurs la rentabilité en… 2018. « Elle devrait être atteinte en 2019«  a signalé il y a quinze jours Michel Quenot, DG du TO.

 

Aujourd’hui, LBO va sûrement céder moins cher qu’il ne l’a acheté le groupe Karavel, mais « à partir du moment où un fonds d’investissements cherche à sortir d’un TO ou d’un distributeur quand le marché est positif, c’est une bonne chose », estime René-Marc Chikli, président du Seto. « Il faut faire preuve d’un peu de bon sens et considérer que la vie des entreprises est aujourd’hui ainsi faite », ajoute-t-il .

 

Fram est en pleine campagne de communication actuellement, à la télévision notamment. Et cela amène des clients en agences! « Les chiffres actuels de tendance sur Fram en janvier 2018 sont excellents » ajoute Jean-François Rial. Le Fram d’aujourd’hui est d’autant plus solide qu’il partage de la technologie et des outils (Flexifram) ainsi que des fournisseurs (hôtellerie, réceptifs) avec Karavel.

 

*Rappelons qu’en octobre 2015, lorsque Fram a déposé le bilan, le passif de l’entreprise avait été estimé à près de 14 millions d’euros par l’administrateur judiciaire. LBO France et Karavel l’ont ensuite rachetée à la barre du tribunal de commerce de Toulouse pour 10 millions d’euros.

 

 

 

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste – Le Quotidien du Tourisme

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