Transat/ TUI: le plan de départs volontaires monte à 343 postes supprimés

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Les syndicats ont relevé plusieurs points de désaccord avec le projet de la direction. Ils ont rencontré la Direccte avant la première phase de négociation. Le CCE doit rendre son avis sur le Projet One le 6 juin.

 

Un plan de départs volontaires revu à la hausse avec 343 postes supprimés contre 322 initialement annoncés. C’est ce qui apparaît finalement dans le document présenté par la direction de TUI/ Transat à la Direccte (direction régionale du travail). Et même si, en parallèle, la création éventuelle de postes est passée de 94 à 106, la direction de TUI France aurait en réunion du CCE « émis des réserves sur le nombre » de postes créés.

 

A ces chiffres s’ajoute une hausse, de 25 à 37, du nombre de postes soumis à modifications du contrat de travail. Soit autant de gens – notamment ceux de Lyon amenés à travailler à Paris– qui seront potentiellement licenciés. « La question reste de savoir si on est sur un Plan de départs volontaires ou sur un plan social » rappelle Lazare Razkallah, secrétaire du CCE.

 

Un PDV moins généreux qu’un plan social?

Le représentant syndical souligne dans les arguments de la direction différentes contradictions:

-sur le motif économique, « comment TUI peut-il l’invoquer alors que le groupe a dégagé 1Md€ de bénéfices? »

– sur la sauvegarde de la compétitivité –motif de licenciement de la loi Travail dite El Khomri-, « comment TUI peut-il s’y référer alors que la fusion avec Transat élimine un concurrent et représente une part de marché de 29%? »

-sur la stratégie de maintien dans l’emploi, « comment TUI peut-il augmenter le nombre de prestataires externes (informatique, comptabilité, marketing…) ou prolonger des CDD quand des postes sont supprimés dans ces mêmes services? »

 

Ces observations ont été présentées par le CCE à la Direccte le 16 mars afin que « dans son rôle de facilitateur », cette administration intervienne auprès de la direction. S’appuyant sur le précédent PDV de TUI, « Perspectives », Lazare Razkallah dénonce un nouveau PDV « en deçà de celui qui avait été homologué par la Direccte en janvier 2014 » et « en deçà des conditions de départ d’un contrat de sécurisation professionnelle«  [CSP, dispositif pour un licenciement économique, NDLR].

 

« Transat va subir le plus »

Chez TUI comme chez Transat, les candidats au départ sont a priori peu nombreux pour le moment. « Ils attendent de connaître les conditions qui seront finalement proposées » explique Lazare Razkallah. Quelques personnes sont parties, via une suspension de leur contrat de travail, mais « on n’a pas d’outil ou de tableau pour savoir si ce sont des postes inlus dans le PDV, et si d’autres personnes concernées pourraient –moyennant formation éventuellement– les remplacer », note Stéphanie Dayan, élue du CE de Transat.

 

Chez Transat, salariés et élus du CE sont échaudés. « Au vu de ce qu’il s’est passé au niveau du comité de direction où presque tous sont partis, on imagine que pour les salariés, ça ne risque pas d’être mieux » explique Stéphanie Dayan. « On est face à trois difficultés: le déménagement, la fusion et le plan de départs volontaires. Plus le passage à Tussy, le système d’exploitation de TUI. »

 

Sur le déménagement à Levallois, « la direction de TUI a évalué à 229 personnes ceux de Transat qui ne seraient pas gênés par le trajet. Sur 480 salariés, ça en laisse plus de la moitié qui ne pourront pas suivre » relève la représentante du personnel. Pour les élus de Transat, la question est : « que deviennent les personnes qui ne sont pas candidates au départ et dont le poste est supprimé? »

 

La phase de négociation entre syndicats et direction doit s’ouvrir à la fin du mois, pour un rendu d’avis du CCE le 6 juin.

 

 

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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Vos réactions

  1. un peu comme chez British Airways qui se débarasse de 40 salariés France rattachés au service commercial avec un CA de 22 milliards, 2 milliards de benefices après impots et 13% de marge opérationnelle….

    C’est du délire de voir le PSE proposé par les RH BA, des miettes pour les gens virés.

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