À l’ouverture de la convention des Entreprises du Voyage (EDV), le président du SETO, Syndicat des Entreprises du Tour Operating, a donné le ton avec une intervention résolument tournée vers l’optimisme et l’action.
Dans un contexte de ralentissement des réservations et de climat anxiogène alimenté par l’actualité, son discours a résonné comme une injonction claire à ne pas céder à la résignation.
Le tourisme : un secteur forgé par les crises
« Depuis 25 ans que nous traversons des crises, nous en sommes toujours ressortis plus forts », a-t-il martelé. Pour Patrice Caradec, cette capacité d’adaptation constitue l’ADN même du secteur du tourisme. Crises sanitaires, géopolitiques ou économiques : chacune d’elles a contraint les professionnels à se réinventer, renforçant au passage leur agilité et leur créativité.
Ces dernières semaines encore, de nombreux tour-opérateurs ont su déployer des stratégies alternatives – « plans B » – permettant de maintenir une dynamique commerciale malgré les incertitudes. Une démonstration supplémentaire de la résilience collective de la filière !
Un retournement conjoncturel, mais des opportunités intactes
Sur le plan des performances, le constat est plus nuancé. Avant le 28 février, les ventes pour l’été 2026 affichaient une progression de +6 %. Depuis, la tendance s’est inversée, avec un recul estimé à -5 %. « Nous avons perdu cette avance, c’est une réalité », reconnaît-il sans détour.
Mais pour autant, pas question de céder à la panique. Le président du SETO insiste sur les leviers encore disponibles : des capacités aériennes et hôtelières importantes restent à écouler, notamment sur l’avant-saison et même en juillet.
Certaines destinations, à l’image de la Crète, affichent des niveaux de prix historiquement bas malgré la hausse des coûts, notamment du carburant.
Réveiller une demande attentiste
Le principal défi réside désormais dans le comportement des clients. « Ils sont attentistes, et pour certains résignés », observe-t-il. Une tendance préoccupante, nourrie selon lui par la surconsommation d’informations anxiogènes en continu.
Son appel aux agents de voyage est sans équivoque : ne pas subir cette inertie, mais au contraire la combattre. « Ces vacances, les clients les ont méritées. Ce serait dommage de passer à côté », insiste-t-il, évoquant des « opportunités exceptionnelles » à saisir dans les semaines à venir.
L’optimisme comme moteur collectif
Au-delà des chiffres, c’est bien une posture que défend Patrice Caradec : celle d’un optimisme actif, presque militant. « Nous avons la chance d’exercer un métier où l’on vend des vacances. Quoi de plus beau que de faire découvrir le monde ? », rappelle-t-il.
Un message qui fait écho à la vocation même du secteur : encourager le départ, l’ouverture et la découverte, loin des écrans et des flux d’informations anxiogènes. En filigrane, une conviction : c’est en cultivant cet état d’esprit que les professionnels sauront entraîner leurs clients dans une dynamique positive.
Une mobilisation collective attendue
En conclusion, le président du SETO appelle à un sursaut collectif. Loin d’un simple vœu pieux, il s’agit d’un véritable encouragement mutuel entre les acteurs de la filière. Car dans un marché incertain, la confiance reste un levier déterminant.
Le signal envoyé en ouverture de la convention des EdV est donc clair : malgré les turbulences, le secteur touristique dispose des ressources nécessaires pour rebondir. À condition de ne pas baisser les bras — et surtout, de continuer à donner envie de partir.
