Cyclone, inondations, glissements de terrain, destructions d’infrastructures…Quels sont les principaux obstacles encore en cours à ce jour pour accueillir des voyageurs
Entretien avec l'Olalalanka est une agence de voyages locale au Sri Lanka, fondée en 2017/2018 par des expatriés français.
Cette agence propose des circuits sur mesure, privatifs, personnalisables en fonction des envies des voyageurs afin d’apporter : de l’authenticité, du confort le tout dans le respect de l’environnement. En effet, l’agence insiste sur des principes de tourisme durable et responsable, en collaborant avec des acteurs locaux, en valorisant les communautés sri-lankaises et en limitant l’impact négatif sur les territoires.
Parmi les membres de l’équipe, on trouve Emmanuel Hugot, présenté comme « Explorateur en Chef et Architecte des Aventures » — autrement dit, le fondateur / chef de l’agence, responsable de la conception des voyages. Emmanuel apparaît donc comme l’interlocuteur idéal — il incarne à la fois la vision, l’organisation et l’engagement d’Olalalanka.
Par Benoit Tredez
Tour Hebdo : Quelle est la situation en termes d’accès, d’hébergements et de transports pour accueillir des voyageurs au Sri Lanka ?
Emmanuel Hugot : Après le cyclone Ditwah, les premières urgences ont naturellement concerné la sécurité des habitants et la remise en état des infrastructures essentielles. Aujourd’hui, le Sri Lanka montre une capacité de résilience remarquable. Les principales infrastructures touristiques — aéroport international, autoroutes, grands axes, villes majeures — fonctionnent de nouveau, ce qui permet aux voyageurs d’arriver et de circuler normalement.
Tour Hebdo : Et pour le tourisme ?
Emmanuel Hugot : Le cyclone Ditwah a tout de même laissé une empreinte lourde, en particulier dans certaines zones rurales et montagneuses. Quelques routes secondaires ont été endommagées et certains secteurs ont connu des coupures prolongées ou des glissements de terrain, notamment dans le centre du pays et dans certaines vallées du sud. La grande majorité des hébergements a rouvert rapidement grâce à la réactivité des équipes locales, même si quelques guesthouses isolées en altitude restent encore en réparation.
Les transports internes — chauffeurs privés, trains, vols domestiques — fonctionnent globalement bien, malgré quelques lignes secondaires encore ralenties. En montagne, certaines voies ferroviaires sont actuellement en cours de sécurisation et rouvriront le plus tôt possible.
Aujourd’hui, le principal défi n’est pas tant la capacité à accueillir les voyageurs que la prudence nécessaire dans certaines zones fragilisées et la mise à jour quotidienne des informations terrain pour garantir fluidité et sérénité. Pour la plupart des voyageurs, l’expérience reste positive, confortable et sécurisée.
Tour Hebdo : Quelles sont vos recommandations ?
Emmanuel Hugot : La plupart des grandes régions touristiques — Côte Sud, Côte Ouest, régions balnéaires, Triangle culturel — sont entièrement ouvertes et accueillent des visiteurs dans des conditions quasi normales. Les sites patrimoniaux majeurs, les plages et les villes historiques ne sont plus affectés.
Nous restons cependant prudents dans certaines zones du centre montagneux, notamment autour d’Ella, Haputale et dans certaines zones de plantations de thé, où les risques de glissements de terrain persistent après les fortes pluies. Quelques routes secondaires sont encore en travaux, et certains parcs naturels du sud-est appliquent des fermetures ponctuelles selon les conditions hydrologiques. Les voies ferroviaires en altitude sont en cours de sécurisation et devraient rouvrir progressivement dès que les inspections seront terminées.
Emmanuel Hugot : Comment s’adapte votre agence ?
Emmanuel Hugot : Chez Olalalanka, nous adaptons nos itinéraires au jour le jour grâce à notre réseau local et à notre équipe terrain. Lorsqu’une zone devient temporairement déconseillée, nous proposons immédiatement des alternatives sûres :
– itinéraires via des routes plus stables,
– hébergements dans des localités moins exposées,
– remplacement de randonnées par des visites culturelles ou des expériences locales.
Notre approche reste très flexible : l’objectif n’est pas de suivre un programme coûte que coûte, mais d’assurer sécurité, fluidité et plaisir du voyage.
Un exemple récent : un couple en lune de miel devait rejoindre Wilpattu pour un safari, mais les routes étaient coupées et les conditions trop risquées. Nous les avons relogés sans frais supplémentaires à Sigiriya, et organisés à la place un safari en tuk-tuk au lever du soleil. Ils ont adoré l’expérience, qui s’est révélée être l’un des moments forts de leur séjour. »
Emmanuel
Tour Hebdo : « Comment gérez-vous la communication vis-à-vis des clients ?
Emmanuel Hugot : Depuis le passage du cyclone, notre politique est simple : transparence totale. Nous informons systématiquement nos voyageurs en cours de séjour ou avec une arrivée proche, en décrivant la situation réelle et les ajustements potentiels. Nous restons disponibles en continu pour proposer des itinéraires alternatifs, des solutions de report ou, lorsque l’expérience ne pourrait pas être à la hauteur, des possibilités d’annulation sans pénalité.
Nous avons renforcé la flexibilité de nos services et notre assistance 7j/7 afin de rester réactifs face aux évolutions rapides sur le terrain.
Notre priorité, c’est la sécurité et la sérénité : un voyage doit rester une expérience heureuse, jamais une source de stress. »
Emmanuel
Tour Hebdo : pour conclure ?
Emmanuel Hugot : Le Sri Lanka est un pays habitué à affronter des conditions climatiques difficiles, et sa capacité d’adaptation fait partie de son identité. Le caractère exceptionnel du cyclone Ditwah signifie toutefois que certaines zones auront besoin d’un peu plus de temps pour un retour complet à la normale.
Mais plus que jamais, les Sri Lankais ont besoin de recevoir des visiteurs. Leur présence, leur soutien et leur confiance sont essentiels pour éviter l’isolement des communautés locales et accompagner la relance du pays.
