Longtemps restée dans l’ombre des plages du sud et de l’effervescence de Bangkok, la région de l’Isan, au nord-est de la Thaïlande, s’impose aujourd’hui comme un nouveau territoire à découvrir
Authentique, riche culturellement et encore préservée du tourisme de masse, elle est au cœur d’une stratégie ambitieuse portée par l’Office du tourisme de Thaïlande : mieux répartir les flux de voyageurs et offrir aux populations locales les retombées économiques du tourisme.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le tournage de l’émission de TV5MONDE présentée par Ivan Kabacoff, consacrée à la francophonie en Thaïlande. À cette occasion, Prakit Saiporn, représentant de l’office du tourisme, a détaillé les enjeux et les promesses de cette région encore méconnue.
Une destination encore confidentielle mais prometteuse
« Cette partie de la Thaïlande compte environ vingt provinces. En 2019, nous avons reçu environ 44 000 visiteurs français. Puis plus rien pendant la période du Covid, mais nous sommes remontés à 20 000 en 2024. Cela montre que la reprise est en cours », explique Prakit Saiporn.
Des chiffres encore modestes, mais qui témoignent d’un potentiel important. L’objectif est clair : attirer davantage de visiteurs tout en évitant les dérives du surtourisme observées dans d’autres régions du monde.
« On parle beaucoup de surtourisme. Mais la Thaïlande est un pays grand comme la France. Nous avons le potentiel territorial pour développer un autre tourisme plus authentique dans des régions moins fréquentées », souligne-t-il.
S’inspirer du modèle français
Pour réussir ce pari, la Thaïlande regarde du côté de la France. Avec humour, Prakit Saiporn tente un comparatif. « La France a reçu 102 millions de visiteurs étrangers. Ce n’est pas qu’il y a trop de touristes, c’est que les Français savent les répartir sur tout le territoire, dans les villages et les petites villes. A nous de nous en inspirer et de faire la même chose ».
Une stratégie que la Thaïlande souhaite reproduire en valorisant l’Isan, ses paysages, ses traditions et ses habitants.
Festivals et expériences locales : les piliers du développement
Le développement touristique de l’Isan s’appuie notamment sur la mise en avant d’événements culturels majeurs :
- le festival des fusées (Bun Bang Fai),
- le festival des bateaux illuminés,
- et le festival des bougies.
« Au départ, on nous a donné trois festivals à développer. Ce sont des portes d’entrée idéales pour faire découvrir la région », explique Prakit Saiporn.
À cela s’ajoutent des sites naturels spectaculaires, comme le célèbre lac aux lotus rouges, à visiter idéalement avant la mi-mars : « C’est un endroit magique, on a l’impression d’être sur une mer rouge de fleurs. »
Une expérience authentique, au plus près des habitants
L’un des atouts majeurs de l’Isan réside dans son authenticité. Comme le souligne Ivan Kabacoff de TV5MONDE: « Le rapport avec les gens est très authentique. Il y a encore peu de tourisme, donc la relation est immédiate. On sent qu’on est proche des habitants, ce qui devient rare aujourd’hui. »
Un sentiment partagé par de nombreux voyageurs : ici, pas de tourisme de masse, mais une immersion sincère dans la culture locale.
Infrastructures et accessibilité : un développement en cours
Si la région reste encore en développement, elle dispose déjà d’infrastructures suffisantes pour accueillir les visiteurs.
« On trouve des hôtels locaux de qualité correcte, et certaines chaînes commencent à s’implanter », précise Prakit Saiporn.
Le réseau de transport s’améliore également : routes de bonne qualité, aéroports régionaux, trains et bus permettent de parcourir facilement les quelque 2 000 kilomètres explorés lors du tournage.
Un enjeu francophone
La francophonie joue aussi un rôle clé dans cette stratégie. « Nous formons beaucoup de guides francophones, mais ils partent souvent travailler dans le sud. Le défi est de les faire rester dans l’Isan », explique Prakit Saiporn.
Car le développement touristique passe aussi par la capacité à accueillir les visiteurs dans leur langue.
Une invitation à découvrir autrement la Thaïlande
L’Isan ne cherche pas à remplacer les destinations phares du pays, mais à les compléter. « L’idéal est de combiner un séjour dans le nord-est avec quelques jours dans le sud, au bord de la mer », suggère Ivan Kabacoff.
Une approche qui correspond parfaitement aux nouvelles attentes des voyageurs : plus de sens, plus d’authenticité et une meilleure répartition des flux.
Encore peu connue, la région de l’Isan incarne une Thaïlande différente, loin des clichés. Entre traditions vivantes, paysages uniques et accueil chaleureux, elle offre une alternative crédible au tourisme de masse.
Comme le résume Prakit Saiporn :
« Il nous manque les touristes. À chacun de nous de partager, d’inspirer et de faire découvrir cette région. »
Un appel entendu, qui pourrait bien faire de l’Isan nouvelle destination du pays à programmer.
