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Destination

Tunisie : la renaissance d’une destination plurielle, entre authenticité et nouvelles expériences

Longtemps associée à son offre balnéaire, la Tunisie cherche à étendre son offre touristique pour séduire une clientèle en quête d’authenticité, de diversité et de sens

À la manœuvre, les acteurs institutionnels et privés multiplient les initiatives pour révéler les multiples facettes du pays.

Pour Lotfi Mani, cette évolution est à la fois nécessaire et déjà bien engagée : « La Tunisie est souvent perçue à travers ses stations balnéaires. C’est bien, mais c’est une vision réductrice. Nous sommes un pays où, en quelques heures, vous passez de paysages verdoyants au nord à des plaines agricoles, puis au désert saharien. Il y a une diversité exceptionnelle. C’est un petit pays par la taille, mais très grand par la richesse de ses paysages, de ses cultures et de ses expériences. »

 

Encourager la diversité

Des destinations comme Djerba ou Hammamet continuent de structurer l’offre, mais l’objectif consiste à encourager les voyageurs à explorer l’intérieur du pays.

« Nous n’avons pas que du balnéaire à offrir. Aujourd’hui, nous voulons montrer qu’il existe une autre Tunisie, plus authentique. Dans chaque région, il y a des expériences différentes : du sport, de la gastronomie, des circuits, des maisons d’hôtes de charme, des hébergements insolites, des rencontres avec les habitants. L’offre est très large pour peu qu’on souhaite un peu sortir des sentiers battus. »

Les agences locales organisent ces découvertes :

« Les hôteliers ont historiquement tendance à garder leurs clients au sein de leurs établissements. Mais aujourd’hui, ce sont surtout les agences réceptives, souvent présentes directement dans les hôtels, qui proposent des excursions vers le désert, les musées, les villages ou d’autres régions. Elles jouent un rôle clé pour ouvrir les horizons des visiteurs » explique Adel Mhenni de l’office de tourisme tunisien.

 

L’exemple du Sud : immersion et montée en expérience

Le sud tunisien illustre parfaitement cette montée en puissance du tourisme expérientiel. Un récent éductour organisé pour des agents de voyages français a permis de démontrer le potentiel de ces circuits.

« Nous avons invité quelques agences à découvrir un programme sur cinq jours. Elles sont arrivées à Djerba, puis ont exploré tout le sud : la région du Dahar, les villages troglodytiques, puis Douz, la porte du désert. Elles ont dormi dans un campement en plein Sahara, dans des maisons traditionnelles, puis dans des hébergements haut de gamme. C’est cette alternance qui fait la richesse de la destination touristique » poursuit Adel Mhenni.

 

Et d’insister sur cette nouvelle forme de luxe :

« On passe d’une suite de 100 m² dans un hôtel à une nuit dans une grotte ou sous tente dans le désert. Mais tout est organisé, structuré, confortable. C’est un luxe différent, un luxe d’expérience, qui séduit énormément aujourd’hui » Ajoute Lotfi Mani.

 

Une route gastronomique pour valoriser les terroirs

Autre levier de diversification : la mise en place d’une véritable route culinaire, pensée comme un produit touristique à part entière.

« Nous avons identifié plusieurs régions et spécialités pour créer une route gastronomique tunisienne. L’idée, c’est de faire découvrir le pays à travers ses produits du terroir, avec des étapes bien définies et des expériences locales. »

Ce circuit met notamment à l’honneur :

  • Le vin tunisien, principalement au nord,
  • L’huile d'olive du Sahel, reconnue pour sa qualité,
  • La harissa, emblématique de la cuisine locale,
  • Le poulpe, notamment dans les îles,
  • Les dattes du sud,
  • Et le fromage de régions comme le nord-ouest.

Lotfi Mani insiste sur le potentiel de cette offre : « C’est une autre façon de voyager. On ne vient pas seulement pour voir des paysages, mais aussi pour goûter, rencontrer des producteurs, comprendre les traditions. Nous avons une richesse gastronomique encore sous-exploitée. »

Il revient également sur une idée reçue concernant le vin tunisien :

« On a parfois une image erronée du vin tunisien. Pourtant, nous avons une tradition viticole très ancienne, qui remonte à plus de 2 500 ans. Les œnologues qui visitent nos domaines sont souvent surpris par la qualité. Il y a aujourd’hui de très bons vins, reconnus par les professionnels. »

 

Le géoparc du Dahar : symbole d’un tourisme durable

La reconnaissance du Géoparc du Dahar marque une étape clé dans cette transformation. Ce territoire du sud-est tunisien devient une vitrine du tourisme responsable.

« C’est une fierté nationale. Nous faisons partie des rares pays africains à disposer d’un géoparc reconnu. Sur près de 200 kilomètres, les visiteurs peuvent randonner, découvrir des paysages uniques, voir des traces de dinosaures, des peintures rupestres, et surtout vivre une expérience humaine en dormant chez l’habitant. »

Le projet repose sur une structuration locale solide :

« Les guides sont formés, les maisons d’hôtes aussi. On adapte les circuits selon le niveau des visiteurs. Il y a une vraie organisation derrière. Ce n’est pas improvisé. C’est exactement ce que recherchent aujourd’hui les voyageurs : du sens, de la rencontre, de l’authenticité. »

 

Une montée en gamme visible de l’hôtellerie

Après plusieurs crises successives — Révolution tunisienne de 2011, attentats de 2015, pandémie de COVID-19 —, le secteur hôtelier tunisien s’est profondément restructuré.

« Il ne faut pas oublier que le secteur a été durement touché pendant plus de dix ans. Mais aujourd’hui, il y a une vraie dynamique. Beaucoup d’hôtels ont été rénovés, modernisés, certains ont rouvert après plusieurs années de fermeture. Nous sommes clairement sur une montée en qualité. »

Dans des régions comme Tozeur, cette transformation est particulièrement visible :

« Des établissements emblématiques ont été repris, rénovés, repositionnés. On voit émerger des concepts nouveaux, notamment dans le désert, avec des hébergements premium parfaitement intégrés dans leur environnement. »

 

Un rapport qualité/prix toujours compétitif

Si la qualité progresse, la Tunisie conserve un avantage majeur : son positionnement tarifaire.

« Le rapport qualité/prix est souvent perçu comme un point faible, mais c’est en réalité une force. Il ne faut pas confondre prix attractif et manque de qualité. Aujourd’hui, nous avons les deux : une vraie qualité et des prix compétitifs. C’est un argument décisif pour beaucoup de voyageurs. »

 

Une alternative stratégique dans un contexte incertain

Dans un contexte international marqué par la hausse des coûts aériens et les incertitudes géopolitiques, la Tunisie tire son épingle du jeu.

« Nous sommes une destination proche, accessible, stable. Contrairement à certaines destinations long-courriers, nous ne subissons pas les mêmes contraintes. Aujourd’hui, plus de 50 % des Français réservent leurs vacances à la dernière minute. Ils cherchent des destinations sûres, avec un bon climat et des offres attractives. La Tunisie répond à ces attentes. »

 

Une richesse territoriale encore sous-exploitée

Au-delà du sud, d’autres régions méritent d’être mises en lumière.

À Tabarka, entre mer et montagne :
« Vous avez un environnement qui rappelle la Corse, avec des forêts, des infrastructures sportives de haut niveau, des hôtels de qualité. Des équipes européennes viennent y faire leurs stages. »

À Dougga :
« C’est un site exceptionnel, encore méconnu du grand public, mais qui offre une expérience culturelle unique, notamment avec des événements internationaux. »

Ou encore dans l’archipel de Kerkennah :
« C’est une Tunisie presque vierge, préservée du tourisme de masse, où l’on peut vivre des expériences authentiques, comme la pêche traditionnelle ou des excursions en mer. »

 

Changer le regard sur la destination

Pour Lotfi Mani, l’enjeu est désormais clair : transformer durablement l’image de la Tunisie.

« Nous avons tous les atouts : la diversité des paysages, la richesse culturelle, l’hospitalité, la gastronomie, et aujourd’hui une montée en qualité réelle. Ce qu’il faut, c’est faire évoluer les perceptions. Montrer que la Tunisie ne se résume pas à ses plages, mais qu’elle offre une multitude d’expériences, adaptées aux nouvelles attentes des voyageurs. »

Et de conclure :

« La Tunisie est une destination dont le potentiel, au-delà des sites se doit d’être valorisé. À nous de continuer à structurer l’offre, à valoriser nos régions et à accompagner les professionnels pour qu’ils puissent proposer une Tunisie différente, plus riche, plus authentique et plus qualitative. »

 

A noter

L'icône du rock canadien Bryan Adams débarque pour la première fois au festival international de Dougga pour un concert inédit les samedi et dimanche 2 et 3 mai 2026 dans le Théâtre Antique de Dougga

 

Ce théâtre est l’un des plus beaux sites antiques de Tunisie. Il se reconnait pour sa remarquable conservation comme ses vestiges datant des époques numide, punique, romaine et byzantine.

Dougga a été classé par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial depuis 1997. Il est considérée comme "la petite ville romaine la mieux conservée de l'Afrique du Nord."

 

 

 

 

 

 

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