Face à des écarts de prix et de disponibilités encore trop fréquents, Orchestra engage une évolution technologique majeure. Objectif : améliorer la productivité de l’ensemble de la chaîne entre tour-opérateurs et distributeurs
Une mécanique invisible mais essentielle
Dans l’industrie du tourisme, la promesse commerciale — un prix, une disponibilité, une offre — repose sur un équilibre subtile : celui de la circulation fluide de la donnée produit entre tour-opérateur et distributeur.
C’est précisément là qu’intervient Orchestra, plateforme technologique au cœur de l’écosystème du tourisme.
« Notre premier métier consiste à intégrer des flux de données pour faire la passerelle entre le monde du tour operating et celui de la distribution, ce qu’on appelle la connectivité », explique Bastien Crochet, VP Sales & Marketing chez Orchestra.
Le principe, parfaitement rodé depuis 20 ans, est connu : les tour-opérateurs transmettent leurs offres de séjours sous forme de fichiers informatiques : prix, stocks, disponibilités. Orchestra les récupère, les standardise, puis les communiquent aux agences de voyages, centres d’appels et sites e-commerce. Les offres de séjours sont ainsi disponibles à la réservation.
Le “cache”, pilier de la rapidité… mais source de décalage
Pour rendre ces millions de données exploitables rapidement, Orchestra s’appuie sur un principe clé : le stockage intermédiaire, appelé “cache”. Là aussi, le principe est connu, comme l’explique Bastien Crochet : « On enregistre des informations froides, une sorte de photographie à un instant donné, pour pouvoir les afficher rapidement sur les interfaces de vente », détaille Bastien Crochet.
C’est ce mécanisme qui permet d’afficher en quelques millièmes de seconde des offres en vitrine ou en ligne, comme un séjour d’une semaine en Tunisie avec hébergement et transport “à partir de 699 € par personne”.
Mais cette rapidité a une contrepartie. « À un moment donné, l’information était vraie… mais elle peut dater de quelques minutes, voire davantage…Aussi, pour la réservation, il faut passer par l’étape suivante, celle qui consiste à valider réellement le prix et la disponibilité », ajoute-t-il.
La vérification en temps réel, passage obligé
Comme expliqué ci-dessus, l’avantage, du cache est celui de la rapidité. Mais entre l’affichage et la réservation, plusieurs éléments peuvent évoluer :
- La disponibilité peut disparaître
- Le prix peut changer, notamment sous l’effet du transport aérien
Pour garantir la fiabilité de la vente, il faut passer au temps réel au moment de la réservation. « Quand un agent ou un client veut réserver, on interroge le tour-opérateur en temps réel pour vérifier la disponibilité et le prix », poursuit Bastien Crochet. C’est cette étape qui pose problème…
Un “triangle” sous tension permanente
Le problème ne vient pas uniquement de la technologie, mais de toute la chaîne. Entre producteurs, plateforme et distributeurs, les responsabilités sont souvent partagées… et parfois contestées.
« C’est un peu un triangle où chacun peut se renvoyer la balle », observe Bastien Crochet.
En cause : la fraîcheur de la donnée.
« Si un tour-opérateur met 24 à 48 heures à mettre à jour ses informations, on peut recevoir une donnée déjà périmée sans le savoir, et la transmettre au distributeur », souligne-t-il.
Résultat :
- Erreurs de prix
- Indisponibilités
- Expériences clients dégradées
Et …parfois des ventes perdues.
Accélérer pour fiabiliser : le pari technologique
Face à ce constat, Orchestra a choisi d’agir sur son propre périmètre.
« On a décidé d’optimiser notre maillon de la chaîne au maximum », affirme Bastien Crochet. L’enjeu est clair : réduire le temps entre la réception des données et leur mise à disposition.
La nouvelle solution Orchestra
Historiquement, l’intégration des fichiers — souvent composés de millions de lignes — pouvait prendre plusieurs heures. « Quand un tour-opérateur déposait un fichier, on mettait deux, trois, parfois quatre heures à l’ingérer, en fonction des volumes de données », explique-t-il.
Un délai lourd de conséquences
« Entre ce qu’il se passe chez le producteur et sur Orchestra, cela peut créer jusqu’à plusieurs heures de décalage à la fin chez le distributeur. » D’où la volonté du groupe de s’appuyer sur ses filiales en Allemagne pour s’inspirer des technologies issues du plus gros marché du tour-operating en Europe.
Une innovation inspirée de l’Allemagne
La solution : adopter un nouveau format d’import des données, plus performant et mieux adapté aux volumes croissants de prix et disponibilités.
« On s’est inspiré de ce qui se fait en Allemagne, où les volumes sont encore plus importants et les formats plus modernes », indique Bastien Crochet.
De plusieurs heures à quelques minutes !
Les résultats sont sans appel. « On passe de plusieurs heures d’intégration à quelques minutes », affirme Bastien Crochet.
Une évolution qu’il qualifie lui-même d’étape majeure.
Moins d’erreurs, plus de confiance
Cette accélération change profondément la donne.
Avec des données plus fraîches :
- Les prix et les disponibilités sont plus fiables
- Les écarts fortement réduits, voire annihilés
« Plus la donnée est fraîche, moins il y a d’erreurs et plus c’est bénéfique pour toute l’industrie, car dans le e-commerce, un écart de prix peut suffire à perdre une vente et un client définitivement » insiste-t-il.
L’impact est direct sur l’expérience client.
Vers un nouveau standard du marché
Cette transformation vient d’être déployée pour les tour-opérateurs qui utilisent Orchestra comme système de production dynamique. Elle est actuellement en cours de déploiement auprès des tour-opérateurs qui ont leurs propres systèmes de production.
Mais le bénéfice utilisateur est net. « Aujourd’hui, on passe de plusieurs heures à quelques minutes. Demain, l’objectif sera d’être encore plus proche du temps réel. Cela sera possible si nous travaillons main dans la main avec les producteurs et les distributeurs », projette Bastien Crochet.
Ce qui relevait hier de la performance devient progressivement un standard attendu.
Un enjeu stratégique pour toute la distribution
Au-delà de la technologie, c’est toute la chaîne de valeur qui est concernée.
Dans un marché ultra-concurrentiel, où les voyageurs comparent en permanence :
- La fiabilité devient un levier de conversion
- La rapidité, un facteur de différenciation
Orchestra entend bien s’imposer comme un acteur clé de cette évolution.
« L’enjeu, c’est que le prix affiché soit le bon. Parce qu’au final, c’est ça que le client attend », conclut Bastien Crochet.
