Lors du congrès des EdV, Patrick Pourbaix, Directeur Général France de MSC Croisières, a dressé un état des lieux nuancé du secteur, évoquant à la fois les effets récents des tensions géopolitiques et les perspectives de reprise pour la saison estivale.
Une industrie chahutée, mais résiliente
« Crise et opportunité », résume Patrick Pourbaix pour qualifier la situation actuelle de la croisière. Après un épisode perturbateur ayant immobilisé temporairement plusieurs navires, la compagnie affirme avoir rapidement repris le contrôle de ses opérations. Sur une flotte de 23 bateaux, seuls deux n’auront finalement pas assuré leur programme initial.
« C’était un épisode assez restreint », souligne-t-il, insistant sur la capacité d’adaptation du groupe. MSC bénéficie aujourd’hui d’un positionnement géographique jugé favorable, avec une forte présence en Méditerranée et en Europe du Nord, des zones « plutôt préservées ».
Un été sous tension… mais sans guerre des prix
Alors que certains acteurs anticipent une saison estivale marquée par une pression tarifaire, MSC écarte toute stratégie agressive. « Nous n’avons pas besoin de casser les prix », affirme le dirigeant.
Après un bon début d’année, la compagnie reconnaît toutefois un ralentissement attendu en juin, susceptible de générer « quelques opportunités de vente », sans remise en cause globale des tarifs. « On est dans les clous », insiste Patrick Pourbaix, se montrant confiant pour l’été.
Le port de Marseille apparaît comme un atout clé. Les départs hebdomadaires depuis la cité phocéenne séduisent une clientèle française en quête de proximité, même si l’engouement pour des vacances exclusivement domestiques reste mesuré.
Segmentation et montée en gamme : le cap stratégique
Face à une demande de plus en plus diversifiée, MSC accélère sa stratégie de segmentation. « La croisière devient comme l’hôtellerie : il n’y a pas un produit, mais plusieurs catégories », explique le dirigeant.
Au cœur de cette transformation, le concept de MSC Yacht Club, présenté comme une « business class » de la croisière, propose une expérience premium au sein même des grands navires. Déjà déployé sur la quasi-totalité de la flotte, ce service exclusif sera bientôt généralisé.
Dans un registre encore plus haut de gamme, la marque Explora Journeys incarne l’ambition de MSC sur le segment du luxe. Lancée il y a près de 3 ans, elle vise clairement le marché des palaces flottants. « Nous avons voulu créer ce qui se fait de mieux », affirme Patrick Pourbaix, évoquant une expérience combinant gastronomie, services personnalisés et itinérance.
Investissements et repositionnements stratégiques
Parmi les annonces marquantes, l’arrivée du MSC World Asia, construit à Saint-Nazaire, qui sera inauguré au Havre en novembre. Autre décision notable : le repositionnement du MSC World Europa, initialement prévu au Moyen-Orient, vers les Antilles, en réponse au contexte géopolitique.
« C’est un succès incroyable depuis un mois », se félicite le dirigeant, illustrant une nouvelle fois la capacité d’adaptation de la compagnie.
Transition énergétique : Marseille en vitrine
Enfin, MSC met en avant ses avancées environnementales. Depuis avril, 3 navires peuvent simultanément se connecter à l’alimentation électrique à quai à Marseille, grâce au réseau d’EDF. Une innovation qui réduit considérablement les émissions en escale !
« Aujourd’hui, nos bateaux ont moins d’impact qu’un hôtel à terre », affirme Patrick Pourbaix, évoquant une étape « formidable » pour l’industrie.
Entre incertitudes internationales, évolution des attentes clients et impératifs environnementaux, la croisière poursuit sa transformation. Pour MSC, l’équation passe par la proximité, la montée en gamme et une forte agilité opérationnelle.
« La crise est là, mais elle crée aussi des opportunités », conclut Patrick Pourbaix.
