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Transport

Selon ADP, la France bénéficie d’une bonne image mais connait un problème de gouvernance

Selon ADP, la France bénéficie d’une bonne image mais connait un problème de gouvernance

Crédit photo ©Rémi Bain-Thouverez

À l’occasion d’une conférence organisée par la Chaire Pégase, Mathieu Cuip, directeur des affaires publiques de Groupe ADP, a dressé un constat nuancé de l’attractivité touristique française

 

Si l’image du pays demeure solide auprès des visiteurs étrangers, plusieurs défis structurels persistent, notamment la durée des séjours et la capacité à capter les passagers en transit.

 

Une image internationale toujours positive

Selon l’étude présentée par la Chaire Pégase, la perception de la France reste globalement très favorable. L’accueil, notamment dans les grands hubs comme Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, est jugé satisfaisant par les visiteurs internationaux.

« On a dépassé les 100 millions de visiteurs, c’est une excellente nouvelle », rappelle Mathieu Cuip. Mais derrière ce succès quantitatif, une réalité plus contrastée apparaît.

 

Un enjeu clé : transformer le volume en valeur

L’objectif affiché, dans la stratégie européenne du tourisme, est désormais clair : atteindre 100 milliards d’euros de valeur. Pour y parvenir, il ne suffit plus d’attirer des visiteurs, il faut aussi les faire rester plus longtemps et consommer davantage.

« Cela passe par des clientèles qui restent plus longtemps dans la destination, notamment des clientèles lointaines, à fort pouvoir d’achat », souligne-t-il. Cette ambition renvoie directement à la compétitivité du long-courrier et à la capacité de la France à séduire des touristes internationaux au-delà de courts séjours.

 

Le défi des passagers en transit

Autre point faible identifié : la difficulté à capter les voyageurs en correspondance. Malgré la qualité perçue de l’accueil à Aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, beaucoup de passagers restent confinés dans l’aéroport sans découvrir la destination.

Ce phénomène illustre un manque de coordination et d’incitation pour transformer ces flux en opportunités touristiques concrètes.

 

Une gouvernance jugée « lunaire »

Mathieu Cuip insiste particulièrement sur la complexité de la gouvernance territoriale autour des plateformes aéroportuaires. L’exemple de Roissy est emblématique : le site s’étend sur plusieurs départements — Val-d’Oise, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne — auxquels s’ajoute la proximité de l’Oise.

Mathieu Cuip, dresse la litanie de l’ensemble des structures qu’il faut pouvoir convaincre pour ouvrir l’aéroport pour une tourisme de proximité. Une multitude d’acteurs interviennent. « C’est un labyrinthe administratif » :

  • Les offices de tourisme du Pays de Roissy, du Grand Roissy, de Seine-Saint-Denis Tourisme et du Val-d’Oise Tourisme
  • Seine-et-Marne Attractivité
  • Oise Tourisme
  • la Métropole du Grand Paris
  • Choose Paris Region (agence régionale du tourisme)
  • Atout France à l’échelle nationale

« Vous avez une quinzaine d’acteurs différents pour un seul sujet. Si je vous dis qu’il y a un enjeu de pilotage, c’est un euphémisme », déplore-t-il.

 

Un financement insuffisant face à la concurrence

Au-delà de la gouvernance, le financement du tourisme constitue un autre point de fragilité. Comparée à ses voisins européens, la France investit moins dans la promotion et la stratégie touristique.

« Nos collègues espagnols ou italiens disposent de moyens bien supérieurs pour financer leur communication », observe Mathieu Cuip. Une situation paradoxale, selon lui, dans un pays où le tourisme est souvent perçu comme un secteur naturellement performant.

 

Une concurrence mondiale accrue

Enfin, la France doit faire face à une double concurrence : intra-européenne — avec l’Espagne ou l’Allemagne, très performante notamment sur le tourisme d’affaires — mais aussi extra-européenne.

Des destinations comme Dubaï ou l’Asie du Sud-Est attirent désormais une clientèle internationale « grâce à des coûts compétitifs et des offres attractives bien plus que chez nous. »

 

Une réponse à construire à l’échelle européenne

Dans ce contexte, l’émergence d’un commissaire européen chargé du tourisme et des transports est perçue comme un signal positif. « C’est une opportunité pour structurer une véritable stratégie européenne », souligne Mathieu Cuip.

Mais pour rester compétitive, la France devra relever plusieurs défis simultanément : simplifier sa gouvernance, investir davantage et mieux valoriser ses visiteurs, notamment en les incitant à prolonger leur séjour et à découvrir les territoires au-delà des hubs aéroportuaires.

 

 

 

 

 

 

ADP

Auteur

  • Rémi Bain Thouverez
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