Réduction de coûts: TUI cherche des volontaires

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TUI France a constitué une structure à Casablanca pour prendre en charge les tâches externalisées au Maroc.

TUI France délocalise une partie de ses activités à Casablanca, au Maroc. On le sait, l’entreprise doit impérativement réduire ses coûts. D’autant que les pertes de l’an dernier ne seront  pas compensées par les résultats à la baisse de cette année. Pour gérer « l’impact social » annoncé, les premières réunions sur une GPEC ont commencé à Levallois…

 

 

Car c’est la masse salariale que la direction veut réduire… A travers une Gestion prévisionnelle des emplois et des carrières à négocier avec les syndicats. La formule, en 4 lettres (GPEC), ressemble sur le fond -une restructuration de l’entreprise- à une autre formule en 3 lettres (PDV, plan de départs volontaires). « A moins que l’une ne précède l’autre », comme l’appréhendent des employés.

 

« Il n’y aura aucune suppression de poste dans le cadre de l' »externalisation au Maroc » nous avait indiqué la direction de TUI il y a moins de deux semaines. Explicitant un peu son propos, elle nous a précisé lundi : « Ce projet permettrait de diminuer les frais généraux de l’entreprise comme prévu dans les orientations stratégiques. Il est fondé sur le volontariat, il n’y aura aucune suppression de poste liée à ce projet d’externalisation. »

 

TUI France compte donc sur des volontaires pour alléger les coûts de l’entreprise. Des collaborateurs prêts à quitter leur emploi. Avec quelles mesures d’accompagnement? C’est la GPEC qui devra le déterminer via un accord avec les syndicats. Un peu comme pour le précédent PDV, dans le cadre du projet One (fusion TUI-Transat). Néanmoins les salariés de TUI se méfient de cette « GPEC à vocation marocaine ».

 

De réunion en intersyndicale, ils ont du mal à croire que la direction va s’arrêter à 53 postes. « Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg » redoute une salariée. D’après les élus du personnel, 53 postes devraient être supprimés dans sept services (carnet de voyages, opérations, billetterie…) où a déjà été externalisée une partie du travail depuis octobre 2018. « Des économies de bout de chandelle » dénonce l’Intersyndicale de TUI qui s’est réunie lundi.

 

C’est aussi en octobre dernier que le PDG du groupe TUI , Friedrich Joussen, venu à Levallois, avait laissé entendre qu’il y aurait un impact social. Depuis, les rumeurs de plan social agitent la filiale française. Surtout que ce qui avait commencé comme un soutien aux équipes en sous-effectif est devenu un substitut. Il est vrai que le niveau des salaires et des charges entre France et Maroc n’est pas le même. Le centre d’appels de TUI transféré chez Webhelp à Agadir en 2017 a permis de s’en rendre compte…

 

Hans Van de Velde, le nouveau patron, de TUI France a pourtant fait circuler le message: « Pour ceux qui ne veulent pas partir, rien ne change ». « Ce n’est pas clair, tempête un salarié. Il faut faire des économies et en même temps ils créent une entreprise au Maroc qui a déjà embauché près d’une quarantaine de personnes. Si rien ne change, ça augmente les coûts! »

 

Dans les services concernés, les directeurs ont déjà dû projeter la répartition du travail entre Casablanca et Levallois, et commencé à le transférer en conséquence. Que vont faire ceux qui ne sont pas volontaires à un poste vidé en partie de son contenu?  « On va attendre que le loup sorte du bois pour savoir ce qui se cache derrière cette GPEC », conclut ce salarié.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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