[Fevad] La crise des gilets jaunes a déteint sur l’e-commerce en 2018

i-tourisme

Les derniers chiffres de la Fevad le montrent : la consommation sur internet a légèrement été ralentie en fin d’année, période durant laquelle les premières tensions sociales ont éclaté. 

 

C’est une question que les médias n’ont pas cessé de poser durant les dernières semaines : la crise des gilets jaunes pourrait-elle doper le commerce en ligne ? En introduction du dernier bilan 2018 du e-commerce en France, le délégué général de la Fevad, Marc Lolivier, n’a plus laissé de place au doute : “Le contexte est difficile pour tout le monde, y compris pour les sites marchands. Nous avons constaté un effet de sidération chez les consommateurs, spectateurs des événements de ces dernières semaines et qui, suite à cela, n’ont plus forcément envie de consommer de manière générale”. Les derniers chiffres ne font d’ailleurs qu’appuyer cette affirmation.

 

La croissance n’était que de +8% en décembre 2018 contre +16% au mois d’octobre et +14% en novembre. Ce contexte a ainsi engendré un manque à gagner de 600 millions soit une perte de 0,7 point de croissance. Par ailleurs, on constate que la consommation des ménages est en légère baisse par rapport à 2017 (-1,36% contre -0,8% en 2017). Dans le même temps, les mesures gouvernementales n’ont été perçues comme bénéfiques que par 16% des personnes interrogées, souligne une étude du CSA en partenariat avec la Fevad.

 

Outre le contexte social, les consommateurs auraient pu être influencés par de nouvelles préoccupations environnementales : certains ont plus que jamais cherché à réduire leur impact écologique en maîtrisant leur consommation. 54% des e-acheteurs ont ainsi modifié leurs habitudes de consommation dans cette perspective. D’autres, et ils sont 31% dans ce cas, privilégient le “made in France”.

 

Plus de 90 milliards d’euros dépensés sur internet en 2018

 

Malgré ces indicateurs conjoncturels, l’e-commerce dresse un bilan annuel positif avec des ventes en hausse de 13,4% pour 2018. 92,6 milliards d’euros ont ainsi transité sur internet l’année dernière. Les sites leader continuent sur leur lancée et voient leurs ventes progresser de 7%. Parmi les sites de ventes de produits BoC du Panel iCE 100 (indice qui permet de mesurer la croissance des sites leaders à périmètre constant), Amazon et Cdiscount demeurent le duo de tête du top 15 des sites et applications “e-commerce” les plus visités en France.

 

A la troisième place, Fnac.com relègue Booking.com (alors à la 3e place du dernier baromètre), à la 9e place derrière Oui SNCF. Ce recul d’une marque de voyage est symptomatique de la période à laquelle le sondage a été réalisé, en fin d’année. Or à la veille de Noël, les consommateurs privilégient davantage les achats de biens que de services, tels que les voyages. En effet, les derniers chiffres du e-tourisme par la Fevad montrent un léger ralentissement au mois de décembre. Toutefois, sur l’ensemble de l’année, les ventes en ligne de voyage-tourisme conservent un niveau élevé (+9%), faisant du tourisme l’un des secteurs les plus dynamiques de l’e-commerce. Les ventes internet aux professionnels restent en forte croissance avec une progression de 17,8% en 2018.

 

Le m-commerce en plein essor

 

Autre fait marquant et qui touche tous les secteurs, le m-commerce continue de progresser au détriment d’autres supports, en premier lieu la tablette puis l’ordinateur. 42,9 millions d’internautes français privilégient l’ordinateur contre 40,6 millions le mobile puis 25,3 millions la tablette. Bien que l’ordinateur soit encore majoritaire, l’indice iCM qui mesure les ventes sur l’internet mobile a progressé de 22% en un an après une très forte évolution en 2017. Sur certains sites comme Wish ou Groupon, le m-commerce représente même 80% des audiences. Cette démocratisation du mobile dans le processus d’achat sur internet a plusieurs raisons. Le smartphone, parce qu’il est multi-fonctions, a facilité toutes les étapes de l’achat. Il permet de faire des recherches de manière rapide, puis de suivre ses recherches ou encore de géolocaliser des magasins, tout cela sur le même outil. Parfois certaines marques proposent des applis plus responsive que le site web lui-même, consultable sur ordinateur.

 

Reste pour les concepteurs de ses sites ou applications à sécuriser ces plateformes pour faciliter les transactions et l’échange de données personnelles. Pour l’instant, encore de nombreux sites ont recours à l’envoi de codes pour valider des transactions. Lorsqu’on les interroge, les consommateurs déclarent préférer d’autres moyens d’identification comme les empreintes digitales ou la reconnaissance qui sécurisent davantage les transactions. Quoiqu’il en soit, l’année 2019 devrait dans tous les cas franchir le cap des 100 milliards d’euros.

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