Laval, capitale mondiale des technologies immersives

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C’est un événement connu à l’international, en tout cas pour les spécialistes de la réalité virtuelle et augmentée, des jeux vidéos… Le Laval Virtual se tient du 20 au 24 mars à Laval en Mayenne et doit accueillir 20 000 visiteurs. Reportage. 

 

 

Dans la charmante bourgade mayennaise de Laval, la « douceur angevine » est trompeuse. De l’autre côté de la rivière qui la traverse et au-delà des remparts qui protègent la vieille-ville toute en ardoise et en pierre de tuffeau, se trame l’un des plus grands salon mondiaux dédiés à la réalité virtuelle et augmentée : le Laval Virtual. Sur près de 9000 m², des acteurs venus d’une cinquantaine de pays côtoient pendant cinq jours des industriels, créateurs et artisans locaux. Un CES à la française en quelque sorte. Le chef-lieu de la Mayenne accueille depuis désormais 21 ans cet événement qui n’a d’égal que sa version chinoise de QingDao.

 

 

Dans les travées du salon gardé par une horde d’agents de sécurité, on ne parle que casque VR, 3D, hologrammes (…), le tout en anglais, “langue officielle” du salon qui accueille des officiels du monde entier. Des grands noms du secteur ont ainsi fait le déplacement tels que Intel, Dell, Samsung, Vinci, la Nasa, Véolia… “Aujourd’hui, le Laval Virtual est devenu une référence dans le monde des technologies immersives. Les acteurs de la réalité virtuelle ont été multipliés par deux en cinq ans”, explique Nicolas Toueille, Responsable Communication du Laval Virtual.

 

Laval, ville industrielle

 

Mais pourquoi Laval plus qu’une autre ville ? “Parce que nous possédons un maillage industriel important qui était pionnier dans l’utilisation de la VR”, précise Nicolas Toueille. En effet, d’après les chiffres de l’Insee, l’industrie est le troisième secteur qui emploie le plus de personnes en Mayenne. C’est aussi le premier département français où s’est installée la French Fab, une vitrine “moderne” de l’industrie française. Voilà un argument qui devrait achever de convaincre les jeunes pousses souhaitant s’installer dans la capitale départementale  (le territoire est l’un de ceux qui présente le taux le plus faible de chômage, 5,8 % au 3 trimestre 2018).

 

Parce qu’ils ont constaté que ces technologies permettaient de gagner du temps dans les chaînes de production industrielles, les ingénieurs ont ainsi été les premiers à voir le potentiel de la VR et VA. “Nous avons observé une percée de ces technologies en 2014  jusqu’à ce qu’elles se démocratisent et touchent aujourd’hui le grand public”, indique Nicolas Toueille. L’armée, la santé, le retail, la construction, le tourisme et même l’industrie du porno s’en sont désormais emparés ! Les deux premiers jours du salon ont été dédiés aux professionnels stricto sensu, avec notamment de nombreuses conférences et ateliers traitant de cas concrets et des questions de créations de contenus, des technologies utilisées. Du 22 au 24 mars, le salon change de visage pour s’adapter au grand public. Près de 50% des exposants sont renouvelés à cette occasion. Durant ces cinq jours, la ville vit alors au rythme du “virtuel”, chaque lieu stratégique, culturelle étant investi par une animation en lien avec le salon.

 

Faire revivre des lieux du passé

 

A quelques pas des « festivités » place du Hercé, le jardin de la Perrine sur les hauteurs de la ville s’est transformé en résidence d’artistes participant au festival “Recto/Verso”, un événement culturel parallèle au Laval Virtual qui présente des créations artistiques faisant appel aux technologies immersives. Le musée du vieux château, le théâtre, les bains douches municipaux ou encore le Bateau Lavoir, qui accueillait autrefois les blanchisseuses, sont investis durant toute la durée du salon d’ateliers mêlant l’art à la VR/AR. La plupart du temps, ce sont des explorations artistiques, qui, grâce aux nouvelles technologies et aux écrans, invitent à repenser le dessin, à faire davantage place à l’illusion et donc à notre imagination. Elles invitent également à considérer autrement des lieux d’histoire, riches en patrimoine culturel.

 

L’exemple des Bains Douches est à ce titre pertinent. Construits dans les années 1920 pour les habitants de Laval, qui étaient nombreux à cette époque à ne pas posséder de cabinet de toilette personnel, les bains douches ont fermé dans les années 1960 avant d’être classés au patrimoine en 2011 et restaurés en 2018. Aujourd’hui, on n’y prend plus de douches mais on vient y découvrir des expositions culturelles qui font revivre le lieu.

 

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