Pourquoi Michel Dinh (Havas Voyages) n’est pas convaincu par le label « Club de vacances qualité garantie »

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A l’occasion de la convention des Entreprises du Voyage, qui s’est achevée dimanche à Madère, Michel Dinh, à l’occasion d’un débat avec Patrice Caradec, président d’Alpitour France, s’est dit sceptique quant à l’intérêt de labelliser les clubs.

« Je suis label club sceptique ». Michel Dinh, directeur général d’Havas Voyages, n’a pas été convaincu par le discours de Patrice Caradec, président d’Alpitour France, qui se bat avec d’autres tour-opérateurs pour installer sur le marché des clubs un label « qui demande beaucoup de remise en question ».

Déjà, le patron du réseau de distribution estime que ce produit ne suscite que très peu d’après-vente. « Les tour-opérateurs consacrent quatre à huit pages dans leur brochure aux clubs et les vendeurs les connaissent très bien ». Ensuite, il estime qu’un label peut apporter de la confusion dans la mesure où « tous les établissements sont hétérogènes ». Il estime que ce label, « c’est construire une voiture avec dix pièces de marque différente ». Enfin, il souligne que « 98% de ses chefs d’agences n’ont jamais entendu parlé de ce label » et, au passage, il regrette que « les têtes de réseau n’aient pas été sollicités ».

A ces « remarques », Patrice Caradec réplique qu’il faut bien séparer le bon grain de l’ivraie. « Il existe aujourd’hui 1700 clubs de vacances, obtenir ce label demande à répondre à des critères exigeants qui nous obligent à nous remettre en question, beaucoup ne passe pas cette barre ».

Entre autre autres obligations, Patrice Caradec cite celle d’avoir au moins 50 chambres dédiées au club au sein du resort, un animateur pour dix chambres et le wifi gratuit. Jean-Pierre Nadir, président d’Easyvoyage, renchérit : « Un club, ce n’est pas un cuisinier qui se déguise, qui se met une perruque sur la tête et qui joue de la guitare avec un manche à balai ».

Enfin, Patrice Caradec a aussi insisté sur la valeur de ce label qui doit permettre « aux vendeurs de vendre plus cher » alors que le prix reste un critère déterminant pour le client. Il va aussi falloir convaincre d’autres tour-opérateurs d’adhérer à la démarche, le Club Med, bien sûr, mais aussi des producteurs comme Top of Travel ou Héliades qui ne sont pas encore convaincus par la démarche.

Publié par Laurent Guéna

Rédacteur en chef adjoint - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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