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I-Tourisme

Cahier tendances du Welcome City Lab : Tendance 11, Le télétravail, cheval de Troie des start-up 

Les start-up étaient préparées depuis longtemps au télétravail, par nécessité ou par opportunité.

Crédit photo ©Adobe Stock

I-Tourisme et Le Quotidien du Tourisme vous proposent de découvrir en feuilleton la dernière édition du Cahier tendances du Welcome City Lab. Onzième tendance : Le télétravail, cheval de Troie des start-up. 

Le recours au télétravail forcé durant les périodes de confinement, suivant les mesures gouvernementales, vient de remettre à l’avant-plan cette tendance dont on parle depuis plus de 20 ans. Cette expérimentation inédite à grande échelle popularise une réalité que la plupart des start-up connaissent et maîtrisent depuis longtemps : travailler et faire des affaires à distance. 

Son adoption forcée durant le confinement de 2020 porta le télétravail pour atteindre une masse critique inédite accompagnée plusieurs avantages : une économie de temps et un abaissement du coût d’opportunité propice aux innovations. 

La technologie ne remplace pas les rencontres face-à-face, mais permet de conserver une productivité qui maintient et parfois augmente, les liens sociaux comme les relations d’affaires. Les start-up étaient préparées depuis longtemps, par nécessité ou par opportunité.

La situation au Canada et au Québec 

Avant le déclenchement de la pandémie, 65% des entreprises annonçaient ne pas recourir au télétravail contre seulement 1,5% des entreprises déclarant fonctionner entièrement en télétravail. À la fin mars : 4,7 millions des salariés restaient à la maison, soit environ 40% des travailleurs du pays. (Enquête sur la population active, EPA).

Une partie de l’économie locale accusait un retard dans l’adoption des nouveaux outils numériques et la crise sanitaire révélait que plusieurs entreprises n’avaient ni site transactionnel, ni outils de collaboration à distance et surtout maîtrisaient mal les technologies. Le rattrapage des pratiques numériques est maintenant en cours, mais de ce côté plusieurs start-up y ont vu un avantage concurrentiel

WeChalet, une plateforme de réservation de chalets, 100% numérique et automatisée, a profité de la baisse de fréquentation des hébergements court terme pour offrir de l’hébergement long terme à des opérateurs qui utilisaient autrefois Airbnb. 

Stimulation Déjà-Vu a regroupé rapidement des fournisseurs et livreurs agiles pour distribuer des vaporisateurs antibactériens aux odeurs du Québec.

Locketgo a modifié son offre de casiers connectés pour permettre la distribution en toute sécurité des objets sanitaires ou promotionnels, faciles à installer à l’intérieur comme à l’extérieur.

Maîtriser les rencontres remote

Les start-up utilisent des solutions légères de visioconférence, de Appear.in (maintenant Whereby) à Zoom, en passant par Discord ou Jitsi. Les plus grandes entreprises ont emboîté le pas et abandonneront à terme leurs solutions lourdes dans des salles de téléconférence devenues désertées pour cause de distanciation sociale. 

Les téléconférences « classiques » se faisaient en groupe, dans des salles qui simulaient la prolongation de la table à l’autre bout du pays par un écran géant. Finalement, voir des personnes pixellisées à l’écran, parce que trop loin dans la salle, n’est plus un niveau acceptable pour maintenir des relations d’affaires à distance. 
Les visioconférences telles que pratiquées en temps de confinement se sont faites sur des laptops, avec chacun sa caméra et son écran, permettant d’offrir une touche plus humaine avec des visages et un langage corporel plus lisible.

Bénéfice utilisateur : individualiser les interactions par un «focus» automatique à l’écran de celui qui parle, gardant l’attention de tout le monde et augmentant le confort d’écoute.

Au MT Lab, les rencontres visios entre les start-up et les partenaires durant le confinement ont permis de garder un haut niveau de cohésion du groupe et la diffusion d’innovation. Une start-up comme Gallea propose maintenant des fonds d’écran de Zoom montrant les œuvres d’art de leur galerie en ligne. Et Hoppin’ a vu ses ventes exploser avec sa plateforme de rencontres d’affaires en réalité augmentée sociale (Oculus Go).

Augmenter la qualité de l’interaction

Forcés par les circonstances durant le confinement, plusieurs ont utilisé la visio pour des entrevues d’un prospect, d’un client, d’un candidat à l’embauche ou d’un fournisseur. 

La digitalisation des relations d’affaires abaisse le coût de la rencontre (temps, transport, hébergement) et permet de faire des rencontres exploratoires à moindres frais. 

À la différence du téléphone, ces visios permettent de présenter des documents multimédias, des installations, des œuvres, des espaces, des machines, avec une interaction plus naturelle. 

Du même coup, si d’un côté la vidéo rapproche les personnes, elle permet aussi de garder une distance.

Recevoir dans son bureau des individus implique à la fois un certain degré de préparation et une résistance aux pressions d’influence que la présence physique implique. 

La visio remplace avantageusement une « pré-entrevue » ou une « rencontre découverte » en amont d’un projet ou d’une visite. 

Nous écrivions plus haut qu’un rattrapage des pratiques numériques est en cours. Des solutions entièrement numériques comme Piecemeal, un outil d’inventaires, d’optimisation de coûts et d’horaires dans les restaurants ou comme Merinio, un outil de gestion de rappels automatisés d’employés, deviennent beaucoup plus attrayantes dans un contexte où le tout-numérique est mieux accepté. 

La baisse du coût d’acquisition de nouvelles opportunités

Au Canada, les grandes distances rendent les déplacements plus prohibitifs en temps et en argent (le low cost aérien et le train y sont moins développés). Les rencontres en présentiel disqualifient certaines rencontres « non-rentables ». La visio « abaisse le coût des rencontres » comme des conversations entre des partenaires ou des start-up du MT Lab qui ne sont pas à Montréal et ne se seraient jamais déplacés sans une invitation formelle, préparée longtemps à l’avance et avec un ordre du jour précis. 

Le biais du présentiel : ne se présentent en personne que ceux qui ont les moyens de se déplacer et d’assumer ce coût en temps et transport. Dans les grands salons très courus, les «usual suspects» sont toujours les mêmes.

L’avantage de la visio : possibilité de faire de nouvelles rencontres inédites, plus informelles, avec de plus petites compagnies, comme les start-up, moins en mesure d’absorber tous les coûts de démarchages.
Pour les affaires courantes, les réunions virtuelles permettent à des projets de bénéficier d’un suivi agile et à moindre coût, ce qui est parfait pour des expérimentations et le développement de preuves de concept à bas coût.

Ottomata, spécialisée en installations multimédias immersives a développé rapidement un logiciel de distanciation sociale ludique avec des senseurs et caméras. MySmartJourney propose une activation sans contact des contenus multimédias à partir de puces RFID et code QR. Toutes des solutions qui s’expliquent très bien en visio. 

Une agilité de start-up 

Il est à prévoir une augmentation de la collaboration en ligne entre les grandes entreprises et les start-up. La téléconférence implique souvent de travailler sur des documents commun (Google Docs), des outils de communications (Slack) ou de collaboration (Miro, pour les brainstorms). 

Des start-up agiles comme Arrivages, plateforme d’achat de producteurs locaux (boucle courte), ou Les Cabinets, spécialiste en hygiène et expérience des toilettes publiques, ont profité de la «mise sur pause» de l’économie durant le confinement pour proposer leurs solutions qui n’auraient pas eu une si belle portée autrement. 

De pratique marginale auparavant, le télétravail est devenu la norme durant ces périodes de confinement. Il ne sera pas étonnant de voir dans les prochaines années, à mesure que les employés travaillent de façon agile comme des entrepreneurs, que l’innovation des start-up percole davantage dans les grandes entreprises…
 

Auteur

  • Martin Lessard Directeur général du MT Lab Tourisme | Culture | Divertissement
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