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I-Tourisme

Cahier Tendances du Welcome City Lab : Tendance 16, Développer ensemble le tourisme urbain low-tech

Une réorganisation du tourisme avec les communautés locales par des moyens low-tech peut aider à le faire progresser. 

Crédit photo ©Adobe Stock

I-Tourisme et Le Quotidien du Tourisme vous proposent de découvrir en feuilleton la dernière édition du Cahier tendances du Welcome City Lab. Seizième tendance : Développer ensemble le tourisme urbain low-tech. 

Le tourisme urbain d’avant la crise de la Covid-19 n’était pas durable. Une réorganisation du tourisme avec les communautés locales par des moyens low-tech peut aider à le faire progresser. 

Avant la pandémie de la Covid-19, les destinations touristiques urbaines connaissaient une croissance massive en popularité et c’était une aubaine relative pour beaucoup de villes. Bien qu’ayant favorisé leur développement économique, une croissance touristique excessive a amené (certaines parties) de ces villes à souffrir du « sur-tourisme ». Maintenant que les visiteurs retournent peu à peu dans les villes, c’est le moment de réfléchir aux moyens d’améliorer le tourisme urbain. En se basant sur des expériences menées en Belgique et aux Pays-Bas, cette contribution propose des idées et des suggestions à ce sujet, en soulignant les avantages d’une approche low-tech. 

Après des mois de confinement et de nombreuses incertitudes quant à la date où nous pourrions à nouveau voyager, nous sommes conscients que le voyage et les loisirs sont devenus des parts importantes de nos vies. Privés de sorties et de lieux de détente, de petites pauses ou même de visites à leurs familles et amis, la plupart des personnes ont ressenti un manque. Au même moment, ceux qui comptent sur les revenus du tourisme ont beaucoup souffert, y compris les municipalités dont les budgets dépendent, au moins en partie, des taxes touristiques. En revanche, les habitants des villes qui reçoivent un afflux de visiteurs comme Amsterdam étaient ravis de reprendre possession de ce qu’ils considèrent comme « leur » ville, après des années d’intensification manifeste du tourisme. 

La pandémie nous a donc fait réaliser à quel point nous apprécions les voyages, le tourisme, les loisirs, les cafés et restaurants, mais elle a aussi mis en évidence la fragilité des écosystèmes du tourisme urbain qui fournissent ces services. En particulier, une dépendance excessive au tourisme, avec une adaptation insuffisante aux besoins et désirs des usagers locaux, semble conduire à des villes moins résilientes et moins durables. 

En toile de fond, le problème est peut-être que, au cours des vingt dernières années, les problèmes liés au développement touristique ont été principalement traités comme une question de gestion pouvant être résolue par une augmentation des capacités ou une meilleure administration et organisation. Les outils connectés (« smart ») et le potentiel des données massives pour mesurer les conséquences des afflux de visiteurs et les gérer, ont renforcé cette vision instrumentale et peuvent même avoir mené à un solutionnisme technologique. Pourtant, de nombreux problèmes sont de nature sociale et ne peuvent être résolus par une meilleure gestion ou par des solutions techniques. Lors de la réorganisation du tourisme après la crise de la Covid-19, il pourrait donc être utile d’adopter une autre approche, qui mettrait en avant le caractère local, la qualité du lieu et la durabilité, ainsi que le dialogue et la collaboration. Une approche touristique low-tech, inclusive et durable peut jouer un rôle clé dans cette réorganisation. 

Le mouvement low-tech commence par s’interroger sur la raison d’être d’une activité. Historiquement, c’est le point de vue des visiteurs souhaitant vivre une expérience agréable qui définissait le tourisme. Mais nous pouvons changer d’optique et partir de l’hypothèse que les usagers de la ville visitée voudraient bénéficier du tourisme. Le tourisme peut alors être défini en collaboration avec ces usagers pour atteindre l’objectif. Ainsi, le tourisme devient une partie intégrante d’une destination et peut améliorer la qualité globale des lieux et de la vie sur place. Tourism Flandre expérimente cette approche avec succès depuis plusieurs années maintenant, et il serait utile de voir comment elle peut être appliquée en milieu urbain. 

Le tourisme low tech correspond aussi à des nouvelles tendances du tourisme comme le « Slow Tourisme » et le nouveau tourisme urbain, « New Urban Tourism » en anglais, où les attractions « authentiques » et la vie dans le voisinage sont la principale attraction. Lorsque les expériences touristiques sont conçues en collaboration avec les résidents, ils perçoivent plus facilement les avantages du tourisme. Par la même occasion, les touristes profitent d’une expérience locale plus riche car les locaux les accueillent parmi eux. Grâce à ce type d’expérience, plus locale et plus authentique, les visiteurs, locaux ou régionaux peuvent ressentir un degré de dépaysement sans long trajet en avion par le simple fait de visiter d’autres quartiers que le leur. 

À ce sujet, nous devons aussi souligner le potentiel des laboratoires de vie urbaine en tant qu’incubateurs du tourisme low-tech. Ces labs qui ont, par exemple, été mis en place à Amsterdam, Rotterdam et Haarlem (https://tourismlab.nl/), peuvent faire office d’arènes d’expérimentation pour la transition, avec des personnes aux idées similaires, à l’intérieur et à l’extérieur du secteur du tourisme, qui apprennent les uns des autres et travaillent sur des innovations sociales. La technologie peut certainement aider, mais les techniques low-tech comme des jeux de société ou des ateliers basés sur des principes de co-conception empathiques ont, d’après mon expérience, été au moins aussi utiles, car elles mettent l’accent sur les aspects « humains » et « relationnels » de la création d’expériences. 

Vu sous cet angle, le tourisme low-tech peut avoir le pouvoir intrinsèque de rapprocher les gens d’une manière à la fois agréable et qui, en fin de compte, aboutit aux expériences touristiques les plus mémorables. 

Auteur

  • Ko Koens, Professeur de New Urban Tourism à l’université Inholland de Rotterdam
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