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Nos données nous appartiennent

Publié le : 03.07.2020 I Dernière Mise à jour : 03.07.2020

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Comprendre les risques et les avantages du partage des données pour une meilleure réglementation et tendre vers le small data, tel est l’enjeu.


 suite du cahier tendance du Welcom City Lab
Par Luc Julia Auteur de L’intelligence artificielle n’existe pas CTO et vice-président innovation Samsung
 Au cours des deux dernières décennies, certaines entreprises n’ont pas ménagé leurs efforts pour récolter nos données, se construisant ainsi un succès phénoménal. Mais il y a quelques années, nous avons commencé à réaliser qu’elles nous utilisaient, et que nous ne sortions pas vraiment gagnants de ce prétendu échange. Licenciements causés par des photos indécentes ou quelques tweets malheureux qu’il est inutile de tenter de cacher, expulsion d’immigrants sans-papiers qui pensaient qu’ils ne risquaient rien à partager leur vie sur les réseaux sociaux... Il aura fallu quelques événements catastrophiques pour que certains d’entre nous comprennent rapidement qu’Internet est un espace public qui n’oublie rien.
Certains experts de la tech martèlent depuis longtemps que la confidentialité des données sur Internet est un mythe, faisant ainsi écho aux déclarations de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook en janvier 2010 : « la vie privée n’est plus la norme sociale ». Et si les informations ne sont pas exposées aux risques par les plates-formes pour leur propre profit, elles le seront un jour où l’autre par les hackers qui piratent des centaines de millions de comptes, puisque les plates-formes ne font pas vraiment d’efforts pour protéger nos données. Le dernier scandale lié à Google, qui a stocké des mots de passe en clair depuis 2005, est d’ailleurs anecdotique.
En mai 2018, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) a constitué une première étape permettant de responsabiliser les entreprises en cas de violation des données. Ce règlement a non seulement contraint les entreprises à prendre la sécurité plus au sérieux (c’est en tout cas ce qu’elles prétendent), mais il a également permis de sensibiliser considérablement le grand public aux conséquences de ses activités sur Internet. Après avoir rechigné à la tâche pendant quelque temps, il est désormais très tendance pour les entreprises technologiques d’affirmer que « vos données vous appartiennent » et… que vous en avez pleinement le contrôle.
Même Mark Zuckerberg a affirmé qu’il souhaitait concevoir une plate-forme de communication axée sur la confidentialité... Cependant, parmi tous les repentis qui se manifestent ces derniers mois, il n’est pas difficile de distinguer lesquels sont plus ou moins sincères. Il n’est compliqué non plus de savoir ceux qui sont uniquement motivés par une ambition marketing visant à conserver le plus longtemps possible le modèle qui les a rendus milliardaires en encourageant les utilisateurs à leur céder toujours plus de données.

VERS LE SMALL DATA

Il est donc essentiel de sensibiliser les utilisateurs en leur expliquant comment leurs données sont collectées et utilisées. Or, pour créer ou recréer ce lien de confiance, les plates-formes doivent fournir des outils faciles à utiliser pour que les internautes contrôlent réellement leurs données en choisissant avec qui elles sont partagées et en leur permettant d’effacer certaines données, au niveau de granularité de leur choix.
En Europe et aux États-Unis, le grand public est de plus en plus conscient de ces problèmes. Il devient désormais tendance de concevoir des plates-formes éthiques basées sur ces principes simples. Mais comme nous l’avons vu plus tôt, les données de ces plates-formes centralisées sont la proie facile des piratages de masse.
C’est pourquoi il peut être intéressant d’envisager une autre approche : le small data. L’idée est de collecter moins de données, au moins dans les points centralisés comme les data centers. Cela permettrait aux plates-formes de supprimer toute tentation de se servir dans les données, tout en les rendant nettement moins intéressantes pour les pirates.
En plus de résoudre certaines des problématiques de confidentialité que nous venons d’aborder, le small data apporte sa pierre à l’édifice de l’évolutivité, car la tendance actuelle du big data nous fait aller droit dans le mur. Nos plates-formes centralisées actuelles représentent une aberration écologique souvent ignorée : pour fonctionner, les centres de données consomment une quantité d’énergie considérable, dont une immense partie est uniquement consacrée au refroidissement des serveurs. Aujourd’hui, les centres de données internationaux utilisent environ 500 térawatts par an, soit suffisamment d’électricité pour alimenter la ville de Paris pendant plus de six ans !
Les technologies à venir, comme la 5G et sa très faible latence, pourraient permettre au small data d’être distribué de manière périphérique plutôt que centralisée, économisant ainsi d’emblée 60 % d’énergie, et compliquant par la même occasion la tâche pour les hackers, qui n’obtiendraient dans tous les cas qu’un bien maigre butin. Au-delà du bénéfice technologique, le plus grand avantage serait de nous rendre plus responsables et capables de protéger et de contrôler NOS données, car elles seraient auprès de nous.

SMALL DATA OU LES DONNÉES POUR TOUS

Ce terme est mis en avant pour la première fois par Rufus Pollock, fondateur de l’Open Knowledge fondation. « Le Small data est la quantité de données que vous pouvez aisément stocker et utiliser sur une seule machine et plus précisément sur un seul ordinateur portable ou serveur de haute qualité ».
Ce process prend le contre-pied des autres modèles (Big Data et Smart Data), car il n’y a pas besoin d’outil de traitement. Ceci permet donc aux petites entreprises, PME et TPE avec peu de moyens, d’exploiter des données accessibles et traitables par tous, majoritairement des données clients.
La data est alors traitée plus efficacement et plus rapidement par des équipes en interne et non par une machine. Le but étant d’avoir une vision plus précise pour orienter sa stratégie et de laisser une part d’intuition humaine dans cette prise de décision.
 
De plus en plus d’acteurs se focalisent sur cette solution ; c’est le cas de la startup MyDataModel, spécialisée dans l’automatisation des Small Data. Issues de capteurs physiques ou digitaux internes, ces données servent aujourd’hui aux directions pour appréhender la prise de décision (ex : la gestion des talents, le management et même l’optimisation des espaces de travail

Auteur

  • Rémi Bain-Thouverez

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