Collaborer avec un influenceur : les dessous d’un match gagnant

i-tourisme

Dans la continuité des conférences réalisées par i-tourisme en partenariat avec l’APST, le dernier sujet de discussion a abordé la question de la collaboration entre les influenceurs et les professionnels du tourisme, en particulier, les agences de voyage. 

 

 

« Quand on invite Caroline Receveur dans un restaurant, c’est près de 400 000 regards qui se tournent en une seule journée vers cet établissement », expliquait Edouard Hausseguy, fondateur de l’agence de community management, Hemblem, lors du Food Hotel Tech. Quand la célèbre blogueuse, ancienne star de la télé réalité goûte un « blue matcha » dans un café branché de Notting Hill, la réputation de ce lieu bondit en quelques heures suite aux flots de commentaires d’abonnés tentés par cette nouvelle adresse. Sous une photographie publicitaire, lisse et clairement identifiée, comme sur un cliché d’Instagram, le résultat est le même : ils suscitent tous deux du désir puis un acte d’engagement chez le consommateur. A la différence prêt, que Caroline Receveur, avec sa communauté d’abonnés, propose une publicité, plus dissimulée certes, mais surtout plus ciblée.

 

Utiliser les codes de langage des jeunes générations

 

Aujourd’hui les marques se trouvent là où sont les consommateurs : sur les réseaux sociaux. Or, le secteur du tourisme a trouvé un lieu d’expression idéal en Instagram, média de la positivité comme aime à le souligner Edouard Hausseguy. Lors de la dernière conférence APST sur ce thème, les intervenants ont aussi rappelé l’importance de ce nouveau canal de diffusion pour générer du trafic dans les agences de voyages. Aujourd’hui, ces acteurs trouvent en Instagram un terrain d’expression singulier qui séduit les internautes et fait la marque de fabrique des influenceurs : l’authenticité. Les créateurs de contenus reprennent les bases de la publicité traditionnelle tout en y semant quelques codes propres aux jeunes générations. En comparaison des médias classiques qui s’en tiennent aux faits, les influenceurs misent tout sur l’aspect expérientiel et la personnification qui parlent aux consommateurs. Ils testent, donnent leurs avis, apprécient ou désapprouvent le produit d’un partenariat. Tout cela en s’adressant à leur audience comme ils parlent à des proches de leur entourage.

 

Bien choisir le bon influenceur

 

Travailler avec Caroline Receveur peut certes booster la réputation d’un professionnel, encore faut-il pouvoir en avoir les moyens. Aujourd’hui, des Caroline Receveur ou Enjoyphoenix à plusieurs millions de followers, il en existe un petite poignée dans la blogosphère. Quelques agences de voyages seulement peuvent s’offrir leurs services et débourser des budgets à plus de quatre chiffres pour une seule opération marketing. La grande majorité des budgets sont taillés pour des micro-influenceurs, bien plus nombreux et dont la qualité de l’audience et son engagement sont tout aussi fiables. Stanislas Lucien, Directeur de l’agence de communication Travel Insight, expert de l’influence, a rappelé que faire appel à influenceur doit être une décision réfléchie et calibrée : “Travailler avec un blogueur ce n’est pas une solution miracle. Il faut que ça corresponde aux valeurs de l’agence, à son cœur de cible”. A cela, Marion, co-auteur de la chaîne Mademoiselle Voyage, répond que “du côté blogueur, ce dernier attend aussi de l’agence qu’elle s’adapte à certaines conditions de travail” (les horaires, les propositions et la créativité de l’influenceur…).

 

Pour que la collaboration prospère, les deux parties doivent mettre au point un concept, une expérience de voyage à valeur ajoutée. Cela nécessite parfois que le blogueur rassure l’agence sur son professionnalisme et son expérience ou formation dans le tourisme, bien que non obligatoire. Marion a pour sa part suivi un BTS Tourisme et travaillé auprès d’Amadeus. Si tout le monde peut s’inventer blogueur du jour au lendemain, une minorité seulement parviendra à offrir au secteur du tourisme son savoir-faire en terme de relation-client et de maîtrise des outils multimédias (vidéos, photos, réseaux sociaux…). Reste aux agences de faire le bon choix.

 

 

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Vos réactions (4)

    1. Merci cher confrère de ta remarque
      Comme tu le sais, toi qui observes les NTIC depuis plus de 20 ans, dans le nouveau monde il y a du bon et du moins bon. Dans le lot, il y a des tricheurs. C’est pour cette raison que nous avons débattu de ce problème dans une des questions de cette conférence.
      Je vois que tu restes attentif, mais c’est bien. Cela permet d’aider nos lecteurs à faire le tri
      Rémi Bain Thouverez

  1. Un influenceur ? ! tragique… c’est du même ordre que ceux qui interviennent sur les réseaux « asociaux » ou sur certains sites et qui donnent un avis imbécile sur n’importe quoi et qui sont cru par d’autres imbéciles. Ce sont des parasites, des opportunistes et des profiteurs. Ils n’ont strictement aucun intérêt !

    1. Que les influenceurs soient des opportunistes c’est certain. Qu’ils soient des profiteurs, ça va avec. Il n’en reste pas moins que les influenceurs : influencent….
      La bloggeuse qui intervient dans cette conférence en ligne, explique comment son action a permis de générer plus de 100 000 euros de CA additionnel à une agence de voyages.
      Cher monsieur, si vous ne voyez pas d’intérêt dans ce domaine, comprenez que les agences ne vont pas passer à côté d’un business qui rapporte, quand il est bien fait, plus de 100 000 euros…
      Rémi Bain Thouverez

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