À l’occasion du congrès des Entreprises du Voyage (EdV), Frédéric Pilloud, Directeur E-Commerce de Misterfly (Groupe Digitrips), a présenté aux professionnels du voyage une série de cas d’usages très concrets de l’intelligence artificielle appliquée aux métiers du tourisme
Devant une salle attentive, l’intervenant a voulu démystifier l’IA en montrant qu’elle n’était plus une technologie réservée aux grands groupes ou aux spécialistes du numérique.
« L’IA est déjà partout dans les entreprises du voyage, parfois sans même que les dirigeants en aient pleinement conscience », a-t-il expliqué. « La question aujourd’hui n’est plus de savoir s’il faut y aller, mais comment l’utiliser intelligemment et de manière encadrée. »
Automatiser les tâches répétitives
Parmi les premiers usages évoqués, Frédéric Pilloud a insisté sur les gains de temps permis par l’automatisation des tâches administratives et répétitives.
L’IA peut ainsi aider les agences à :
- rédiger des réponses automatiques aux e-mails clients ;
- résumer des échanges ;
- classer des demandes ;
- générer des devis ;
- produire des comptes rendus ;
- ou encore trier des candidatures RH.
« Ce sont des heures de travail économisées chaque semaine », a-t-il souligné. « L’objectif n’est pas de remplacer les équipes, mais de leur permettre de se concentrer sur la valeur ajoutée et la relation humaine. »
Selon lui, certaines entreprises du secteur utilisent déjà l’IA pour traiter des volumes très importants de mails ou pour assister les conseillers voyages dans leurs réponses commerciales.
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Créer plus rapidement des contenus marketing
Autre domaine particulièrement concerné : la production de contenus.
Frédéric Pilloud a montré comment les outils d’IA générative permettent aujourd’hui de créer :
- des fiches produits ;
- des newsletters ;
- des publications sur les réseaux sociaux ;
- des scripts vidéo ;
- des slogans commerciaux ;
- ou encore des visuels promotionnels.
Mais il a également mis en garde contre les risques liés à un usage non contrôlé.
« Une IA peut produire un texte séduisant mais totalement faux », a-t-il averti. « Elle peut inventer des équipements dans un hôtel, embellir une destination ou créer des visuels trompeurs. Le contrôle humain reste indispensable. »
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Mieux personnaliser la relation client
L’intervenant a également insisté sur les capacités de l’IA à améliorer l’expérience client grâce à l’analyse des données et à la personnalisation.
Les agences peuvent par exemple utiliser l’IA pour :
- proposer des offres adaptées aux habitudes des voyageurs ;
- anticiper certaines demandes ;
- créer des recommandations personnalisées ;
- ou optimiser le suivi client après réservation.
« L’IA peut devenir un formidable accélérateur de satisfaction client si elle est bien utilisée », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’enjeu consiste à combiner puissance technologique et expertise humaine : « Le voyage reste un métier d’émotion, de conseil et de confiance. L’IA doit renforcer cette relation, pas la déshumaniser. »
Des usages RH et internes en plein développement
Frédéric Pilloud a aussi évoqué les applications internes de l’IA dans les ressources humaines et l’organisation des entreprises.
Certaines structures expérimentent déjà :
- l’aide au recrutement ;
- la génération de supports de formation ;
- l’analyse documentaire ;
- l’assistance à la rédaction juridique ;
- ou encore des agents conversationnels internes capables d’aider les collaborateurs au quotidien.
Mais là encore, il a rappelé l’importance de la vigilance.
« Les IA peuvent comporter des biais, produire des erreurs ou poser des questions de conformité juridique », a-t-il indiqué. « C’est pourquoi les usages doivent être encadrés par des règles claires et une gouvernance solide. »
« L’IA ne remplace pas les professionnels du voyage »
Face aux inquiétudes exprimées par certains participants, Frédéric Pilloud a tenu à rassurer la profession.
« Les entreprises qui utilisent déjà l’IA ne suppriment pas forcément des emplois », a-t-il expliqué. « En revanche, elles absorbent leur croissance différemment et gagnent en productivité. »
Pour lui, les professionnels du tourisme doivent surtout voir l’intelligence artificielle comme un outil d’accompagnement.
« L’IA ne remplacera pas un bon conseiller voyages », a-t-il conclu. « Mais un conseiller qui sait utiliser l’IA travaillera probablement plus vite, plus efficacement et avec davantage de capacité de personnalisation. »
À travers cette intervention très concrète, le congrès des EDV a confirmé que les usages de l’intelligence artificielle deviennent progressivement une réalité quotidienne pour les agences de voyages et les voyagistes français.
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