Alix Philipon (APST) : « Aujourd’hui, la situation est grave, et le terme est mesuré »

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La présidente de l'Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST), Alix Philipon. ©DR

Dans une lettre adressée aux professionnels du tourisme, la présidente de l’Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme (APST) Alix Philipon fait un point sur la situation. Et alerte sur les conséquences désastreuses de l’épidémie de Covid-19 sur le secteur du tourisme, déjà affaibli après des défaillances et des grèves successives en 2019.

D’ici quelques jours le confinement tel que nous l’avons connu va cesser et notre économie petit à petit devrait redémarrer, du moins nous pouvons l’espérer.

Même si vos instances professionnelles, entre autres EdV, SETO, ont obtenu des aménagements spécifiques pour notre secteur, et il faut les en féliciter, la période que nous allons vivre est incertaine, voire tragique pour grand nombre d’entreprises touristiques.

Après les défaillances des compagnies aériennes Aigle Azur, XL Airways, la faillite de Thomas Cook, la poursuite des mouvements des gilets jaunes, les grèves de fin d’année et aujourd’hui la pandémie du coronavirus COVID-19, quel secteur économique pourrait en effet absorber de tels chocs…

Depuis le début de cette pandémie, nous avons préparé et mené des négociations avec les pouvoirs publics, les banques, les institutions européennes, afin de préparer la période de l’après-virus et ses éventuelles conséquences financières, notamment pour préserver la pérennité de l’APST et de ses adhérents.

A l’image de nos confrères européens les garants, véritables « pare-feu » entre les consommateurs et les pouvoirs publics, ces négociations se font dans la confidentialité.

Aujourd’hui la situation est « grave », et le terme est mesuré. D’après nos diverses simulations, entre 30 et 40% de nos adhérents pourraient connaître de graves difficultés financières entraînant des défaillances. L’APST, comme nombreux de ses confères, nonobstant le dépôt de bilan de Thomas Cook France, n’est pas préparé pour faire face à une telle situation « hors norme ».

Plusieurs Etats européens d’ores et déjà ont compris la situation et ce rôle de « pare-feu » que sont les garants conformément à l’article 17 de la directive européenne 2302/2015 sur les voyages à forfait et prestations de voyage liées (protection contre l’insolvabilité).

Ainsi le Danemark a fait monter sa garantie d’Etat accordée au Fonds de Garantie danois jusqu’à 1,5 milliards de couronnes, soit 200 millions d’euros.
Le gouvernement britannique a renfloué l’Air Travel Trust (Caisse de Garantie ATOL gérée par l’aviation civile) exsangue après la défaillance de Thomas Cook, à hauteur de 500 millions de livres.

Le gouvernement néerlandais a avalisé l’accord passé entre l’ANVR (syndicat professionnel de l’industrie du voyage) et le SGR (Fonds de Garantie Voyages) pour venir en aide au secteur et éviter autant que possible des faillites simultanées. Et d’autres devraient suivre…

A ce jour les négociations se poursuivent avec les Pouvoirs Publics, il s’agit d’un soutien qui devrait permettre à l’APST de pouvoir affronter cette crise exceptionnelle. Nous avons bon espoir qu’elles aboutissent à une solution efficace permettant à la France de pérenniser dans sa vocation solidaire l’APST qui représente 70% des agences de voyages et des tours opérateurs.

Dès que nous aurons des avancées concrètes nous ne manquerons de vous en faire part, sachant qu’en ces circonstances exceptionnelles, nous saurons rester solidaires, attitude qui a toujours su guider notre association.

Faites attention à vous, gardez le moral et tenez bon.

A très bientôt,

Alix Philipon

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Vos réactions

  1. Bonjour,

    Comment peut-on parler des problèmes à venir sans parler des problèmes en cours…A aujourd’hui un très grand nombre de clients Thomas Cook n’ont toujours pas été remboursés des voyages payés par eux et non effectués (pour ma part, 5000 euros économisés pendant de trés longs mois). Pour une majorité d’entre nous, nous sommes dans l’attente d’un remboursement depuis septembre 2019. On nous a demandé à maintes reprises d’envoyer des documents et rien n’avance. On ne nous donne aucune explication ou peu, problèmes de logiciel et maintenant le confinement. Comment explique t’on que les clients Belges dans le même cas ont été remboursés depuis longtemps. Cordialement.

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