WhatsApp est-elle LA nouvelle plateforme d’e-commerce ?

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Le réseau social racheté par Facebook vient d’annoncer le lancement en Inde d’une nouvelle fonctionnalité de paiement en ligne , une de plus qui permet le développement de l’e-commerce pour le secteur des PME notamment.  

 

En à peine dix ans, Mark Zuckerberg a construit un empire à la croissance exponentielle. Il serait réducteur de ramener la famille Facebook à un simple agrégat de réseaux sociaux. Certes, Facebook, Instagram et WhatsApp qui appartiennent tous désormais au même groupe, sont d’abord des applications en ligne qui permettent l’échange entre individus. Mais depuis plusieurs années déjà, ces géants du web sont devenus des plateformes à tout faire, intégrant notamment des fonctions d’e-commerce. En 2016, Facebook ouvre la voie et lance une place de marché de vente entre particuliers : Facebook Marketplace. Deux ans plus tard, c’est au tour d’Instagram de s’affirmer comme nouveau concurrent de la vente en ligne avec Instagram Shopping.

Place désormais à WhatsApp, la messagerie instantanée sur internet de faire de l’ombre à Amazon et consort. Il y avait déjà matière pour le secteur BtoB puisque WhatsApp Business a été conçu pour les besoins des propriétaires de petites entreprises : l’application leur permet d’interagir avec leurs clients qui ont accès au profil du professionnel, avec des informations pratiques telles que l’adresse, la description de l’entreprise, l’adresse mail… Plus récemment, Will Cathcart, le directeur général de WhatsApp a annoncé dans un média indien, Your Story, le lancement cette année d’une nouvelle fonctionnalité de paiement online via WhatsApp : WhatsApp Payments. Elle sera réservée dans un premier temps au marché indien avant de s’étendre probablement au reste du monde avant la fin de l’année.

 

Pourquoi l’Inde ?

 

L’Inde accueille la plus grande communauté WhatsApp avec 400 millions d’utilisateurs sur 1,5 milliard recensés dans le monde. Le deuxième pays le plus peuplé au monde constitue donc un potentiel énorme pour le lancement d’une fonctionnalité en phase de test. D’autant que, comme l’affirme Will Cathcart, les usages de WhatsApp par les entrepreneurs indiens sont d’ores et déjà tournés vers le commerce en ligne pour développer leur activité et proposer des solutions personnalisées : « Vous voyez combien de personnes dirigent leur petite entreprise via WhatsApp avec leurs clients. Si nous pouvions accepter des paiements via WhatsApp ou que des personnes s’envoient de l’argent via WhatsApp, cela aurait un impact énorme et significatif pour ces petites entreprises. Nous sommes donc très enthousiastes et nous travaillons avec le gouvernement pour trouver le moyen de le lancer. »

 

L’objectif ici n’est pas semble-t-il de concurrencer Facebook ni Instagram dont les cibles marketing sont différentes (le premier s’adresse à la vente entre particuliers, l’autre aux marques) mais de développer des offres complémentaires. Dans sa nouvelle version, WhatsApp se taille une place de choix dans le secteur des TPE/PME qui pratiquent encore peu l’e-commerce. « Mark Zuckerberg a expliqué à quel point il pensait que nos produits pouvaient fonctionner ensemble et faciliter la vie des gens. Nous voyons des petites entreprises utiliser Facebook, puis mettre leur numéro de téléphone et dire : « Contactez-moi sur WhatsApp »« , fait savoir Will Cathcart auprès de Your Story.

 

Déclinée à l’international

 

Interrogé sur l’épineuse question de la protection des données, sur laquelle Facebook est d’ailleurs particulièrement pointée du doigt, Will Cathcart a rappelé la politique de sa société basée sur un fondement principal : le chiffrement des conversations. Il garantit que seule la personne qui tient une conversation et son interlocuteur peuvent lire ce qui est envoyé ; il n’y a donc pas d’intermédiaires, pas même WhatsApp. La nouvelle fonctionnalité doit être alignée sur ce principe.

 

Elle doit aussi être adaptée aux différentes cultures des télécommunications à travers le monde. D’après Will Cathcart, le succès de WhatsApp tient au fait que l’application a su se conformer aux différences d’accès à internet, d’accès aux outils numériques : « Je pense que si nous écoutions seulement comment les gens l’utilisent en Californie, ce serait une erreur. Je pense que les gens en Californie l’utilisent très différemment. Et, en réalité, pas autant que l’Inde ou un groupe d’autres pays. Par exemple, WhatsApp a consacré beaucoup plus de temps et d’énergie au bon fonctionnement du produit sur des téléphones très bon marché et des connexions réseau très inégales par rapport à la plupart des applications. »

 

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