Comment perpétuer le tourisme de mémoire ?

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Pour leur troisième édition, les Assises de la Normandie se tenaient cette année dans un haut lieu d’histoire, le Mémorial de Caen et avaient pour thème : “Après le 75e anniversaire du D-Day : tourisme de mémoire, et demain ?”.

 

Le 6 juin prochain auront lieu les commémorations du 75e anniversaire du D-Day. Certainement l’un des derniers anniversaires célébrés en présence de vétérans du débarquement allié. Alors que les festivités sont déjà en préparation, le Mémorial de Caen accueillait jeudi 28 février la 3e édition des Assises de la Normandie. Cet événement réunissant des professionnels du tourisme, représentants régionaux et internationaux entendait questionner l’avenir du tourisme de mémoire

 

Un secteur en bonne santé

 

Ces dernières années, commémorations importantes obligent (100e anniversaire de l’armistice de 14-18…), les sites mémoriels n’ont jamais accueilli autant de visiteurs. Avec ses plages, la Normandie, théâtre d’une des plus grandes batailles du second conflit mondial, accueille à elle seule cinq millions de visites annuelles. Plusieurs facteurs expliquent cet engouement : l’appétence récente pour la généalogie, le contexte actuel post-attentat mais aussi et surtout, le fait que l’offre touristique a su se renouveler et se moderniser. Lors des Assises de la Normandie, Stéphanie Laffargue, directrice d’étude du pole Society du CSA a affirmé que « le tourisme de mémoire est un tourisme d’avenir, que cette filière est en très bonne santé ». « Si on garde le rythme des investissements, on peut imaginer que l’avenir ne soit pas sombre », a-t-elle ajouté. Plusieurs chiffres issus d’une étude réalisée pour le Mémorial de Caen, dévoilée lors des Assises de la Normandie, corroborent cette affirmation. En effet, 70 % des personnes interrogées expriment leur optimisme sur l’avenir de la filière.

 

Il n’empêche, le tourisme de mémoire survivra-t-il aux vétérans ? L’exemple de la Première Guerre mondiale avec la disparition de ses derniers Poilus, nous donnent quelques éléments de réponse. De par son expérience, l’historien et directeur de la Mission du Centenaire de la Première Guerre Mondiale Joseph Zimet l’affirme : « Commémorer sans témoins, c’est possible, les commémorations de 2018 l’ont prouvé. Les publics et les formes commémoratives se renouvellent.« 

Attirer les jeunes générations connectées

 

Mais tout repose désormais sur les jeunes générations, touristes de demain. C’était l’un des points clés de cette troisième édition des Assises de la Normandie : faire de la jeunesse une priorité. Aujourd’hui, “le tourisme doit leur parler, à travers le numérique mais aussi en jouant sur la sensibilité qu’à la jeunesse pour l’histoire”, avertit Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme de Normandie et de l’agence Normandie attractivité. De nombreux musées de la côte normande n’ont cependant pas attendu ce constat pour faire le choix du numérique.
Le Centre Juno Beach de Courseulles-sur-Mer, à une quinzaine de kilomètres de Caen, surplombe les dunes et la mer. Derrière sa façade métallisée et futuriste, le musée associe des objets de l’histoire avec des moyens techniques récents. En effet, le parcours dédié au jeune public intègre des modules interactifs, dont une application numérique sur écrans tactiles et des billets d’entrée avec puce NFC qui localisent les visiteurs et ce, depuis début février

 


Un peu partout dans les principaux lieux de mémoire normands, des travaux sont en cours de réalisation pour moderniser le parcours visiteur. A Arromanches par exemple, le chantier prévoit un nouveau musée tourné vers la réalité virtuelle et augmentée, intégrant çà et là des hologrammes ou images de synthèse. Outil pédagogique  à destinations des générations futures pour les uns, et outils expérientiels pour les autres. Tous les moyens sont bons pour susciter l’intérêt du public et préserver le tourisme patrimonial. Au D-Day Experience de Saint-Côme du Mont dans la Manche, l’histoire devient présent grâce à une attraction immersive qui fait “revivre” le vol des paras du Jour J, à grand renfort de lumières et de sons. Aujourd’hui, les initiatives ne manquent pas pour raconter l’histoire autrement, avec de nouveaux publics mais bientôt plus de témoins vivants.

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