Tourisme spirituel et digital, quand l’union fait la force

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Le tourisme spirituel n’a jamais connu autant d’adeptes. Et pour se développer et se renouveler, l’apport des nouvelles technologies se fait de plus en plus nécessaire. 

 

Dans le centre ville de Panama, un drôle de parc d’attraction a ouvert ses portes le 19 janvier dernier, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse. Pendant une semaine, la capitale du Panama doit recevoir des millions de jeunes catholiques venus des quatre coins de la planète. Beaucoup iront certainement d’emblée vers le parc thématique Cristonaut@s, comprendre la Bible grâce à la réalité virtuelle. Munis de lunettes spéciales, ils rencontreront Adam et Eve après leur création, la Vierge Marie pour l’Annonciation et Jésus pendant plusieurs étapes clés du Nouveau Testament.

 

Tous ces jeunes qui sont parfois immergés, bloqués dans ce monde de la technologie, c’est bien d’y entrer pour se connecter avec eux et ainsi pouvoir les évangéliser”, explique Juan Carlos Espinosa à l’AFP. Pour le pape aussi le catéchisme 2.0 a ses vertus : « L’internet et les réseaux sociaux sont des outils de notre temps, c’est une manière d’entrer en contact avec les autres, de partager des valeurs et des projets« , a-t-il expliqué, dimanche depuis Rome, en présentant l’application « Click to Pray”.

Un autre religieux, Mgr Jose Domingo Ulloa, souligne d’ailleurs l’importance de ces outils pour attirer de nouvelles foules « croyants et non-croyants vont pouvoir découvrir la Bonne Nouvelle des Ecritures saintes ».

 

Le patrimoine français attire chaque année 20 millions de visiteurs

 


En effet, quid du développement des nouvelles technologies au service du tourisme et de la religion, croyants ou non-croyants sont de plus en plus nombreux à voyager dans les lieux de prière ou d’inspiration. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, 37 % des déplacements internationaux sont liés au tourisme culturel dans lequel les aspects religieux et spirituels ont une part importante.

La France, avec son patrimoine religieux et culturel riche, est l’une des destinations les plus prisées pour le tourisme spirituel. En effet, d’après les chiffres de l’OMT, sur 90 millions de touristes se rendant chaque année dans l’Hexagone, 20 millions viennent pour de tels motifs.

Le pays détient en effet un palmarès de visites important, dont le haut lieu reste Notre-Dame-de-Paris avec 13 millions de visiteurs annuels. Puis viennent le Sacré-Coeur, Lourdes ou encore le Mont-Saint-Michel. Derrière ces édifices reconnus mondialement, se cachent d’autres lieux tout aussi recherchés à l’échelle locale. À ce titre, un prêtre originaire des Alpes-Maritimes a développé récemment une application, « Nessia » ou “voyage en hébreu », qui recense près de 600 églises dans le département. Cette initiative inédite doit permettre aux touristes de trouver une église à visiter ou pour les fidèles de contacter une paroisse.

 

Des solutions technologiques pour réguler l’overtourisme dans les lieux de culte

 

Mais cet engouement dépasse plus largement la pratique religieuse, d’après Aurélie Pétour, chef de produit cluster “tourisme et spiritualité” chez Atout France. Elle précise : “De plus en plus de gens sont en quête de sens”. De la même manière, la part stricte de pèlerins diminue face à la désaffection de la pratique religieuse stricto sensu.

Depuis plusieurs années déjà, le tourisme spirituel fait face à une renaissance, parce qu’il gagne en amateurs, de plus en plus nombreux, et parce que ces amateurs participent au renouvellement de l’offre, notamment grâce à l’intégration des nouvelles technologies pour améliorer l’expérience de visite. Ainsi, au sein de son cluster Tourisme et spiritualité, Atout France accueille de plus en plus de partenaires et notamment des agences spécialisées. “Ce marché s’ouvre à de nouveaux acteurs”, complète Aurélie Pétour.

 

Parmi ses nouveaux partenaires, Atout France dialogue désormais avec des pays d’Asie comme Les Philippines ou encore l’Inde. Des pays où la culture religieuse est bien présente et qui attirent pour cette raison de plus en plus de touristes étrangers. D’autres destinations de pèlerinages, comme la Mecque ou Bethléem, font face à des flux massifs de visiteurs, désormais en partie régulés grâce à certains outils high-tech. Ainsi lors du Hajj à La Mecque en 2018, les autorités saoudiennes ont mis en place une application pour que les fidèles puissent se retrouver dans cet événement d’une ampleur gigantesque ou obtenir des soins médicaux d’urgence auprès du Croissant-Rouge saoudien. À Bethléem aussi il a fallu prévenir la saturation ou l’overtourisme. Pour décongestionner la Basilique de la Nativité, les autorités palestiniennes travaillent en ce moment à créer une application qui permettrait aux touristes et pèlerins de réserver un créneau horaire pour leur visite.
Les professionnels du tourisme doivent donc s’adapter à une nouvelle demande, avec cette idée de pouvoir absorber une clientèle croissante dans ce secteur : des pélerins, non-pélerins, jeunes, moins jeunes, des gens en quête de leur Dieu ou d’eux-mêmes, de simples randonneurs ou encore des amateurs d’art et d’histoire.

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