Hôtels-clubs : comment les TO ont préparé la saison 2020

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Entre les causes endogènes (consolidation du secteur, mutation du modèle traditionnel…) et les aléas sanitaires (coronavirus), politiques (Cuba), etc., les tour-opérateurs de clubs de vacances français sont -encore- face à de sérieux défis. Quelles forces et faiblesses pour le marché des clubs en ce début d’année? Revue de détail.

 

La chute de Thomas Cook n’en finit pas d’avoir des répercussions sur le marché français. Si les TO en ont profité cet hiver -les clients de Jet tours se sont vu proposer des voyages chez les concurrents-, la question est de savoir comment transformer cet effet d’aubaine en effet… pérenne.

 

Il s’agit donc de fidéliser et d’attirer ces nouveaux clients.  Avec en ligne de mire, le gain de parts de marché sur le créneau porteur du club de vacances. Des clubs qui représentent « plus de 2 millions de clients et 40% du CA » des tour-opérateurs,  indiquait en 2018  Hugues Defline, président de l’association clubs de qualité garantie.

 

Grèce et Espagne renforcées

La bataille des clubs fait rage, on l’a compris à travers la reprise des clubs Jumbo et Jet tours. Une occasion par exemple pour Boomerang et Ôvoyages d’augmenter très vite leur portefeuille:  le premier atteint les 80 adresses Kappa et Coralia, le second dépasse les 40 (Premium et Expériences). Sans surprise, l’essentiel des reprises se partage entre Grèce (dont la Crète, Corfou, Rhodes) et Espagne (Canaries, Baléares).  Les deux premières destinations de vacances des Français, bien qu’en baisse l’an dernier (de -4% et de -17% selon le Seto), sont celles qui concentrent les plus gros volumes (274.418 pax en Grèce et 269.412 en Espagne).

 

Plus de clubs dans les îles

Sur 44 clubs cet été, Fram en compte 20 en Espagne et en Grèce dont 4 nouveaux à Malaga, Ibiza, Minorque et en Crète. TUI, qui comptera cet été 73 clubs Lookéa et Marmara, affiche une douzaine de nouvelles adresses, dont des Clubs Lookea en Grèce (Ostria) et en Espagne (Maspalomas). Les Naya Clubs qui ne totalisent que 6 clubs cette année en ont un aux Baléares (Majorque) et un en Crète.

Alpitour, et ses Bravo Clubs, s’est renforcé avec 4 clubs sur 20 en Espagne (Alcudia, Menorca) et en Grèce (Istron Bay, Rhodes). Même FTI, dernier arrivé sur le marché club qui a joué les outsiders en lançant 4 clubs en Egypte et en Turquie, ouvre cet été les Baléares (Torre Blanca). Il est vrai que le retour de la Tunisie (3e destination Seto, à +17%) reste sur un volume contenu (196.971 pax).

 

Un hiver assombri sur le long-courrier ?

Pour l’hiver 2019-2020, si les TO proposent du club en Rép. Dom., au Sénégal ou à l’île Maurice, l’épidémie de coronavirus risque de perturber les remplissages en Asie du Sud-Est. Les clients sont inquiets d’une contamination dans ces pays, alors que les offres clubs se sont multipliées. Boomerang entame ainsi sa 6e saison sur la Thaïlande avec 5 clubs (3 Kappa, plus un nouveau concept Kappa City et 1 Coralia). Cet hiver, Bravo Club ouvre le Vietnam (Ho Tram) et la Thaïlande ; Fram et  Ôvoyages se lancent sur Phuket (sud de la Thaïlande). La prudence de TUI devrait le servir. Le TO n’a pas de club en Asie au-delà des Emirats…

 

De nouvelles activités… d’inspiration commune

L’offre en club bouge, évolue, même si l’animation traditionnelle (jeux, sports) reste une composante majeure. Outre la différence de gamme, les TO se dotent de 2 marques afin d’identifier les ambiances, avec des équipes formées (Marmara, Lookéa) et du matériel plus original (paddle chez Bravo Clubs et Top Clubs par exemple).

 

En termes d’innovations, pendant que TUI (avec Lookéa Explorea) et Fram (avec Fram Evasion & Immersion) poursuivent Kappa et ses expériences locales, Boomerang fait appel à des compétences externes. L’objectif est le même pour tous : rajeunir la clientèle et offrir  des activités plus en phase avec les aspirations actuelles.

D’où la découverte incluse des alentours via une balade (FTI) ou une initiation à la langue et la cuisine (Ôvoyages), mais aussi un repas chez l’habitant (Kappa).  Et même, puisque c’est tendance, des actions de protection de la nature et de l’environnement : gourde en métal, ramassage des déchets sur les plages, etc. Autant d’initiatives qui nécessitent quelques investissements supplémentaires…

 

Engagements et package dynamique

En nombre de clubs, Boomerang fait la course en tête avec 80 adresses (42 Kappa, 38 Coralia). Néanmoins, le TO du groupe NG Travel n’a pas les mêmes engagements terrestres. Ses clubs Kappa comprennent en moyenne 30 chambres quand un Marmara va en prendre 120 voire tout l’hôtel. Fram aussi réduit ses engagements en Framissima à 30 chambres. Quand Ôvoyages aura plus de stock (une centaine de chambres), en rapport avec ses affrètements (3 avions à l’année).

 

Car l’aérien est un autre sujet de préoccupation en 2020. Pour les clubs en Europe, les volumes de fréquentation nécessitent d’affréter en pic de saison. Sachant que les B737 max ne sont toujours pas autorisés à décoller, le marché se resserre. Une low cost comme Ryanair se prépare à réduire la voilure. Le package dynamique, sur lequel Fram, FTI, Boomerang, mais aussi TUI et Ôvoyages s’appuient en long-courrier et de plus en plus en moyen-courrier est prévu chez Bravo Clubs cet hiver et en projet chez Top of Travel.

 

A toutes ces diversités de situation, le label « Clubs de vacances-Qualité garantie » a voulu apporter un peu de convergence et de lisibilité. L’audit réalisé dans chaque groupe et chaque club applique un référentiel en 20 critères. Sauf qu’aujourd’hui, ils ne sont plus que trois tour-opérateurs, TUI (Lookéa, Marmara)-Boomerang (Coralia, Kappa)-Alpitour (Bravo Clubs) à l’afficher dans leurs brochures sur plus de 80% de leurs quelque 170 clubs. La démarche garde-t-elle sa pertinence ? A voir.

Publié par Myriam Abergel

Journaliste - Le Quotidien du TourismeMe contacter

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